La Traversée des Pyrénées (7) 

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Mérens - Py
du 8 au 12 juillet 2012



Mérens - refuge des Bésines
  ref.des Bésines - ref. des Bouillouses
ref. des Bouillouses - Planès
Planès - ref. de la Carança
ref. de la Carança - Py
Et en avant pour ce septième tronçon du GR10. Cela commence par un gros retard de train (décidément) qui risque de me faire rater la correspondance à Toulouse... mais ça passe ! La gare de Mérens n'a pas changé, le gite est annoncé à 600 m. mais après avoir fait au moins 400 m. il est de nouveau annoncé à 400 m. et ça monte un peu mais ça met en jambes et ce sera ça en moins à faire demain ! Il y a du monde au gite (la demi-pension est à 33 € ), des gens venus pour le seul restaurant, d'autres (un groupe de hollandais) qui sont en rando organisée mais pas sur le GR10 et un couple qui finissent le GR10, à raison de 15 jours par an. C'est leur troisième année et ils comptent arriver à Banyuls vers le 22 juillet. Je ne les verrai plus car ils comptent rester un jour de plus à Mérens. Elle est américaine, il est français, ils vivent aux E-U, Washington et à table, ce monsieur me parle de la vie là-bas, de Washington dont le statut de capitale fédérale interdit qu'elle ait des représentants ! Certains aimeraient changer la loi mais la ville est traditionnellement démocrate et deux représentants démocrates en plus feraient tout basculer si bien que rien ne change car la majorité est actuellement républicaine ! Il me parle aussi de la corruption, "traditionnelle" elle aussi, au plus haut niveau de la ville...                             
 
    L'église en ruine de Mérens, face au gîte

Mérens - refuge des Bésines
(5h30 annoncées - temps mis : 4h30 arrêts compris ; 1200 m. de dénivelé +)
La demi-pension au refuge est à 38 € mais la douche est à 4 € !
J'ai cru, une bonne partie de la nuit, qu'il pleuvait ! C'était la fontaine de la cour ! Par rapport à ce qui est annoncé dans le guide, il semble que les 5.30 prévues sont un peu surestimées. Je ne mettrai que 4.30 arrêts compris même si mes arrêts sont la plupart du temps, brefs et peu nombreux. Je compte environ 30' de pause au total.

la porteille de Bésines

Au départ, la montée n'est pas très régulière, souvent (gros) caillouteuse mais c'est carrément somptueux malgré la grisaille du début. Le temps s'éclaircit en montant et le petit lac d'Estagnas étincelle. C'est vrai que ça monte, assez dur même après la jasse de Pressassé vers la Porteille (col) de Bésines. Je sens que c'est la reprise ! Le col ne donne pas envie de s'y attarder à cause d'un vent glacial et je commence à redescendre tranquillement. Je croise quelques randonneurs, des enfants en avance sur le reste de la troupe, d'autres parents ralentis par des gamins (certains me semblent bien grands pour être portés comme ça !) juchés sur leurs épaules, des pêcheurs La descente est rapide et il ne faut vraiment pas longtemps pour arriver en vue du lac des Besines qui hésite à se faire recouvrir de nuages.


Le lac des Bésines




Je passe sous silence le fait que je me suis trompé de chambre et qu'il m'a fallu déménager en revenant de la balade photo-ornitho post sieste-douche et je fais connaissance avec mes nouveaux voisins dont deux hommes, l'un de 35 ans environ, l'autre de 65, que je vais suivre quasiment tous les jours. Le plus jeune est de Pau, l'autre de Vendée et ils comptent finir le GR10 cette année après l'avoir, eux aussi, découpé en plusieurs tronçons.







vue de la chambre du

refuge des Bésines
bec croisé

Les nuages montent et descendent la vallée
 
C'est le matin, le lac des Bésines s'est débarrassé de sa couverture !

  refuge des Bésines - refuge des Bouillouses
(6h15 annoncées - temps mis : 6h30 arrêts compris ; 500 m. de dénivelé +)
(La demi-pension au refuge du CAF (pas de carte de membre) est à 39 €, la douche est comprise !)
Il semblerait que cette année le beau temps soit de la partie. C'est avec le soleil que je quitte le refuge. Je me suis réveillé en sursaut, 7.09 à la montre ! J'avais pourtant bien mis le réveil sur 6.30 ! Je ne l'aurais pas entendu ?! Je descends, tout est calme, silencieux, tout le monde dort... En fait il est 6.20 et le 7.09 de ma montre... c'est la date : 9 juillet ! Damned ! Pas grave, je serai en peu en avance sauf si je traîne en route et les occasions de traîner ne manquent pas dans cette étape, assurément une des plus belles du GR10 ! La montée à la Coume d'Amyel est magnifique. Il reste plusieurs névés dont un assez raide et encore bien glacé à cette heure matinale ! 


Le vent qui souffle à mes oreilles me fait craindre un moment l'excès de vitesse ! Décidément, ces haut plateaux herbeux bordant les lacs de montagne font partie des merveilles du monde ! Impossible de ne pas me souvenir de cet enregistrement déjà mentionné il me semble,
enregistrement fait à Rabat, sur une musique de je ne sais plus qui, d'un texte de Tahar Ben Jelloun dans "Les Amandiers sont morts de leurs blessures" ... Monter est rude, descendre l'est aussi parfois et je crois que je ne le fais que pour profiter de ces fabuleux moments de calme intense que seuls les lacs de montagne savent distiller au matin. Je revois souvent ce passage de A. D. Néel où elle décrit un homme qu'elle voit arriver de loin et qui marche assez vite. C'est un de ces individus qui, à force de concentration, arrivent à aller sans fatigue à des allures impressionnantes sur de longues durées ! Il faudra que je la relise... parce que, moi, c'est un peu fatigué que j'arriverai au refuge du CAF aux Bouillouses !
Dans un décor extraordinaire, je poursuis la balade, tranquillement. La descente vers le Lanoux est magnifique. Elle commence aussi par un joli névé avant de pencher vers l'étang de Lanoset où paissent de tranquilles vaches dont j'enregistre le tintement des cloches.


Je croise très peu de randonneurs. Juste une femme, en grande jupe,  dans la montée au porteil de la Grave, après l'étang du Lanoux : "Je peux vous donner un conseil ?... Pour monter au col Mitja, il faut emprunter la piste des vaches. Il ne faut pas prendre le GR qu'ils n'ont fait passer par là que pour nous fatiguer !" Un peu plus tard, je croiserai une sorte de Nasri qui court et reste sourd à mon bonjour. Cela lui écorcherait la semelle de me répondre ? Les grands sportifs ne sont pas tous mal élevés, mais... !

Toute la descente ensuite vers le Pla de la Têt est superbe. Je double un couple avec un ado qui descend aussi vers les Bouillouses. Lorsque les parents passent un névé, le jeune, prudent, va s'assurer que la couche de neige est assez solide et ma foi, il n'a pas tort. A postériori, pour être passé à peine plus haut qu'eux, je me rends compte que le névé est pas mal entamé ! Mes coups de talon testeurs ne m'avaient pas signalé de danger particulier...
 C'est toujours aussi beau, malheureusement, un hélicoptère de l'armée qui tourne depuis un moment dans le c
oin commence à se rapprocher, jusqu'à venir se poser à 150 m. de moi. Il reste comme ça dix minutes moteur allumé avant de repartir, aller, venir quasiment au-dessus de ma tête. On est loin du tintement des clarines ! Est-ce que le pilote m'a vu me boucher les oreilles ? M'a-t-il entendu pester ? Toujours est-il que cet abruti a dépensé son kérosène quotidien dans ma petite sphère et a réussi à complètement gâcher ce moment et ce décor magiques ! Les gardiens du refuge me renforceront dans mon idée que s'ils ne le font pas exprès d'emmerder le monde, il font bien semblant !





Le Lac des Bouillouses

Le refuge du CAF

merle à plastron

bruant fou jouant à cache-cache

vue de ma "chambre" !
J'arrive à 14 h.00 au refuge, et j'entre... Evidemment, ce n'est pas le bon endroit ! Je ne suis pas au refuge mais "au gîte" des Bouillouses ! Ce n'est pas grave, je fais 50 m. et trouve les gardiens en train de manger. L'un d'eux me rejoint assez vite pour m'indiquer tout ce qu'il faut. Lessive et douche plus tard, je sors pour mon habituelle petite balade ornitho et je tombe presque nez à nez avec un superbe merle à plastron adulte puis c'est un roitelet huppé qui vient s'ajouter à ma collection (voir ici). 
Il fait toujours aussi beau et ce soir le téléphone passe !


refuge des Bouillouses - Planès
(5h10 annoncées pour le trajet officiel- temps mis : 5h50 avec le détour par les lacs - arrêts (nombreux aujourd'hui !) compris ; 500 m. de dénivelé négatif, presque rien en positif) La demi-pension à Planès est à 33€ -
La main du Migou ?

La journée n'étant pas placée sous le signe d'un effort intense, je décide de me détourner un peu du tracé officiel du GR et d'aller rendre visite aux lacs Long et Noir que je connais bien pour les avoir traversés à sec et en raquettes à plusieurs reprises lors de belles randos hivernales.(voir ici)  Le sentier - signalé en jaune - se détache à gauche du GR, un peu rocheux par endroits et le résultat escompté est bien présent :

Le lac Long

Le Lac Noir

Le lac de Pradeilles, le Carlit à l'horizon et jonction avec le GR10
Le léger détour vaut amplement le coup et je le conseille à tous !


 Du coup, je multiplie des petites haltes tentant de capturer une mésange huppée de plus en plus facétieuse, qui se cache dès qu'elle voit le bout de mon téléobjectif se pointer ! Décidément ce ne sera pas non plus pour aujourd'hui ! Seules quelques mésanges noires, nonettes, des becs croisés, des linottes mélodieuses paradent mais de mésange huppée point du tout ! Alors je poursuis le chemin à peine un peu plus vite, traversant la forêt de Bolquère par une longue et large allée que j'ai déjà pratiquée à ski de fond... C'est plus agréable en hiver ! Est-ce un contre-coup de la journée d'hier si belle mais cette balade est un peu monotone et longuette. Je perds 300 m. en presque 3 heures.

Linotte mélodieuse

le sentier vers La Cabanasse avec le Cambre d'Aze en fond

La traversée de Bolquère n'a d'intérêt que pour celui qui souhaite se ravitailler. D'ailleurs une épicerie est ouverte mais elle ferme à 12.45 (en juillet 2012). C'est ballot pour celui qui passe après mais à priori, en partant des Bouillouses à 7 ou 8 heures, on a largement le temps d'arriver avant la fermeture !
Je passe près de la gare de Bolquère, la plus haute gare de France parait-il, et encore une fois, je suis, disons étonné par le danger annoncé sur les panneaux :

Y-a-t-il vraiment danger de mort si l'on touche le rail du train jaune ?
pas envie d'essayer mais surpris par ce danger potentiel et l'absence de mort ou alors ils sont bien cachés !

 Quitte à faire moche, je décide de ne pas suivre le GR et continue la route jusqu'au col de la Perche. Il faut bien passer de l'autre côté de la vallée, je sais, mais cette partie n'est pas très agréable d'autant que le sentier qui part du col de la Perche pour rejoindre la Cabanasse est en plein soleil ! (Toujours en train de se plaindre celui-là !) La vue sur Mont Louis n'est pas folichonne mais de l'autre côté, le Cambre d'Aze rattrape le coup !



 Heureusement, le sentier qui mène à Planès est un peu plus ombragé même si les petites montées descentes mouillent un peu le T-shirt !








A l'arrivée au gîte "Le Malaza", la propriétaire m'installe dans le dortoir !

Programme habituel, lessive, douche, balade ornitho mais agrémentée cette fois d'une petite visite à la drôle d'église dont ma logeuse a l'honneur de garder la clef. L'extérieur de la sainte bâtisse est étonnant, un peu comme ces ballons de baudruche bizarres qui présentent des excroissances. L'intérieur serait presque de bon goût, avec des murs bien lissés, s'il n'y avait cet autel quasiment orthodoxe tellement il rutile !

Après la visite, j'ai essayé de trouver les bras de Morphée mais la patronne a un téléphone qui fonctionne beaucoup et des amis qui parlent autant. Quant à l'insonorisation elle est proche du zéro absolu ! Un des employés monte bientôt dans le dortoir et fait entrer quatre personnes en annonçant bien fort qu'ils sont les premiers ! Puis il me voit allongé sur mon lit mais ça ne change rien, ni à son discours, ni à son sourire un peu figé. Il poursuit la visite des lieux. C'est, je l'apprendrai plus tard, Jean-René, la bras droit d'Anne-Marie la logeuse. Avant le repas du soir, la marcheuse du groupe de 4 monte dans le cerisier et ramasse un sac entier de cerises pour la patronne. Des cerises en plein juillet ! Chez nous, elles sont terminées depuis presque un mois  !

Planès - refuge de la Carança
(6.00 annoncées - temps mis : 6h30  arrêts compris ; 1050 m. de dénivelé positif, 760 m. de négatif)
La demi-pension au refuge de la Carança est à 25 €
Un des quartiers de Planès au petit matin


Le jour est déjà levé sur Planès ainsi que Jean-René qui a préparé le café. Il regarde longuement le ciel et me dit que j'ai bien fait de choisir de partir tôt parce que "sans vouloir vous porter la poisse, quand le Pic Redoun est comme ça, c'est la pluie à coup sûr dans la journée. C'est toujours comme ça la veille du 14 juillet !" (On est le 11 mais bon !!!) Et il poursuit le Jean-René : "Il devrait faire beau le jour et pleuvoir la nuit ! Comme ça, les gens seraient contents et ils feraient pas la révolution ! C'est vrai quoi, il y en a toujours qui veulent faire la révolution pour un oui pour un non !" C'est le genre de philosophie du matin qui vous remet de bonne humeur à coup sûr ! Oui "remet" parce que la nuit n'a pas été bonne du tout ! Une sorte de Harley Davidson n'a pas cessé de démarrer tout au long de la nuit ! J'ai bien cherché mes boules Quiès dans l'obscurité mais sans succès ! Promis juré, je les colle sous l'oreiller ce soir ! Et peut-être même direct dans les esgourdes ! Incroyable la violence du ronflement d'un des dormeurs du dortoir !
Bref, je quitte le gîte et tout de suite, ça monte ! Près de 350 m. de dénivelé par un assez joli sentier ou Orange passe ! J'en profite pour réveiller ma chérie, donner quelques nouvelles parce que ce soir, c'est sûr, au fond de la Carança, pas de réseau, je le sais ! Une agréable traversée de niveau précède le plat de résistance avec quand même une petite descente jusqu'au refuge de l'Orri et après ça monte ! Sur le guide, (et ça n'est pas fréquent !) ils écrivent que ça monte très raide ! C'est vrai ! Tellement vrai que je prends 300 m. en 30 minutes ! Après, ça se calme un peu et ça reprend jusqu'au col Mitja, superbe.


La vue est vraiment sympa autant devant que derrière sur le Carlit, Font Romeu etc. Je repense, pendant la descente, à la femme en jupe et à sa piste des vaches... C'est vrai que ça descend assez raide ! Un ado monte ça quasiment en courant ! Il met à peu près 20 ' à son père un peu rouge quand il arrive ! Je mange en dominant la vallée, c'est particulièrement agréable ! Je ne suis pas pressé et je prends mon temps dans la descente jusqu'au refuge assez sommaire du Ras de la Carança. Les WC sont neufs, ce sont des toilettes sèches ! Il n'y a qu'une cabine mais ça a l'air de suffire !  Le ravitaillement en eau se fait à la source et les douches sont... gratuites puisque c'est dans la rivière que ça se passe pour qui veut. L'eau n'est pas si froide que ça et c'est vrai qu'après une petite sieste dans un dortoir encore désert, ça fait du bien de se déssaler-dégraisser-désempéguer de la sueur accumulée ! L'après-midi se passe tranquille, chasse ornitho pas très fructueuse, recherche vaine des izards aperçus parait-il par une randonneuse près du refuge, fin du polar de D. Lehanne "Un dernier verre avant la guerre" pas mal ! Lorsque je reviens au dortoir, il est plein comme un œuf, des matelas sont installés par terre... Comment va être la nuit ? D'autant que j'ai rencontré mon dormeur de la nuit précédente qui n'a pas eu l'air d'apprécier beaucoup mon "Alors, c'est vous que je dois maudire pour les ronflements ?" Un de ses copains, un visage entre K. Richard et Thiéfaine, me dira que personne n'a jamais rien pu faire et qu'il s'est même déjà pris des savates dans la tronche !
Refuge de la Carança, vue de "ma" chambre !
 

Le refuge, la source et les toilettes sèches (la cabane à droite)



ref. de la Carança - Py
(6h25 annoncées - temps mis : 7h arrêts compris ;  800 de dénivelé + ; 1640 m. de dénivelé -)
Il peut être plus judicieux pour ceux qui ne veulent pas s'arrêter à Py, de faire étape à Mantet pour faire ensuite Mantet - Mariailles dans la journée, c'est beaucoup plus équilibré !

10 € la nuit au gîte de Py (le patron n'hésitera pas à venir me réveiller pour se faire payer à près de 22h.00 alors qu'il pouvait très bien le faire avant !) Le restaurant qui se trouve à deux pas propose un menu à 15€.


Le jour pointe sur la vallée de la Carança
Contre toute attente, la nuit fut plutôt calme. Les dormeurs ne se sont pas trop agités et les boules ont fait effet ainsi que la rivière qui berce et noie dans son gentil brouhaha les Harley du refuge. Incroyable ! Pourtant il y a de la vie la nuit dans un refuge avec les ronfleurs, les pisseurs, les remueurs, les inquiets de la montre !
Il fait encore très beau, la rivière rafraichit le visage encore un peu endormi et c'est parti pour une petite puis une grosse montée sous le soleil jusqu'au col del Pla, bien dégagé tout doux !
Le col Mitja vu "de l'autre côté" ( à droite, vu du col del Pla)

C'est encore une fois un beau début de balade. Les oiseaux m'accompagnent parfois fort peu timides comme ces becs-croisés qui se perchent à quelques mètres ! Ce n'est toujours pas le cas de la mésange huppée que je ne désespère pas de réussir un jour et encore moins du bouvreuil pivoine que je vois très rarement et qui surgit, là, devant moi, d'un bosquet de rhododendrons, et se pose sur le chemin, d'abord le mâle tout rouge, puis la femelle le rejoint. Je dégaine l'appareil et je l'ai, là, dans mon objectif bien net... et comme si souvent, au moment précis où j'appuie, le plaisantin s'envole et il ne me reste plus que le souvenir de l'avoir vu net, et une belle tache de couleur!!!   20 ans que je n'en avais pas vu d'aussi près ! C'était pendant la GTA et je n'avais pas d'appareil ! C'est rageant mais je suis quand même bien content d'en avoir revu un !
La descente sur Mantet, le col de Mantet
(avec la route qui y monte sur la gauche de la photo)
et le Canigou en fond

Promis juré c'est un bouvreuil pivoine farceur !

La descente sur Mantet est assez raide et un peu longue mais il faut bien tomber les 1640 m. de négatif de la journée ! (C'est le dénivelé négatif le plus important du GR10 !) Traverser Mantet n'est évidemment pas compliqué sauf qu'il faut bien veiller en sortant du village à ne pas continuer sur la piste mais bien prendre le sentier qui bifurque à gauche vers le col. Une fois au col, rejoindre Py est assez agréable et si la descente continue de façon assez soutenue, c'est plus régulier et moins raide que l'arrivée sur Mantet. Le gîte de Py est grand ouvert. Je suis seul. La sieste habituelle est sympathique et j'en sors pour un petit tour de village. Lorsque je reviens, un couple de jeunes est arrivé de la Carança où je les ai croisés hier.

  Un écriteau indique que le boss passera vers 21 h.00. J'annonce donc aux deux jeunes que je vais manger au restau qui se trouve à 30 m. au cas où le logeur passerait. A 20.45 je suis de retour. Les deux jeunes me disent que le patron est passé, qu'ils ont fait la commission. J'attends jusqu'à 21.15. Personne. Je  vais me coucher en me disant que je laisserai le chèque dans sa boite demain matin puisqu'il y a son adresse. Il habite à 10 m. ! Vers 21.45 j'entends vaguement la porte du bas s'ouvrir puis plus rien mais dix minutes plus tard, de nouveau la porte et cette fois une voix appelle : "Monsieur s'il vous plait !" P.... il est presque 22.00 ! Il pouvait pas venir plus tôt au lieu de quasiment me réveiller ! 
Py et le Canigou

Enfin, la nuit fut plutôt bonne. Les deux jeunes n'ont pas ronflé et je prends le sentier qui normalement devrait pouvoir me faire regagner Villefranche de Conflans où je dois prendre le train à 13.40. Un sentier est supposé rejoindre Vernet les Bains et là j'arriverai bien à aller à Villefranche tout près. J'ai regardé les horaires de bus entre Py et Villefranche, il y en a un à 6.50 qui arrive à 7.20 ou quelque chose comme ça à Villefranche : trop tôt ! Le second est à 13.30 ! Trop tard ! Je prends donc le chemin de Vernet lorsque je tombe sur un monsieur qui me demande où je vais etc. Il me convainc de prendre la route car le GR sur Vernet va considérablement me rallonger. J'écoute la sagesse de l'ancien et je fais à peine deux ou trois kilomètres lorsqu'une voiture s'arrête pour me prendre jusqu'à Sahorre. Dix minutes plus tard, une jeune femme qui va travailler s'arrête à son tour. Je suis à Villefranche à 8.00 ! Je fais des provisions de lecture ( attention il n'y a pas de kiosque à journaux à la gare ! Je le sais car ça m'a valu un aller-retour jusqu'au magasin de presse du bourg !) et m'installe sur la quai  où règne une animation certaine grâce aux départs réguliers du petit train jaune qui a un réel succès  !

Villefranche de Conflans, les remparts, le petit train jaune très prisé !

  
oeillet et  lys des Pyrénées

Voilà ! C'est tout pour cette année et c'est déjà pas mal ! Une des plus belles journées depuis St Jean-Pied de Port, la plus grosse descente, des rencontres sympas,  de gens, d'oiseaux... peut-être pas beaucoup de mammifères mais on ne peut pas tout avoir, du grand beau (pas une goutte de pluie cette année !) alors, comme dirait Jean-René, on ne va pas faire la révolution pour ça hein ! Il y a assez de raisons de la faire autrement, pas vrai ?!
 Je rejoindrai Py l'an prochain sans doute en train + car et ce sera la fin (provisoire) de ce GR10 en attendant le tronçon basque qui clôturera définitivement cette belle petite aventure bien modeste comparée à celle que constitue la traversée intégrale en une seule fois que font certain(e)s !
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texte et photos©vincent3m
4/08/12