La Traversée des Pyrénées (6) 


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  Aulus les Bains - Mérens (trajet vert à droite) du 8 au 13 juillet 2011
1-  Aulus les Bains- refuge de Bassiès
 2- 
Refuge de Bassiès - Goulier
 3- Goulier - Siguer
 4-
Siguer - cabane des Clarans
 5- Cabane des Clarans - refuge du Rulhe
6- Refuge du Rulhe - Mérens

La traversée continue. Cette année pour 6 étapes débutée en petite condition, fin d'année scolaire bien sûr mais une côte à moitié fêlée handicape un peu ma respiration et ce n'est pas sans appréhension que je vois arriver certaines grosses étapes. Heureusement, je me suis concocté un petit trajet qui me remettra en jambes progressivement ! C'est ça qui est bien avec le GR10, c'est qu'on peut se faire son propre menu. J'ai rencontré des gens qui le faisaient d'un bout à l'autre en 33, 45 ou 66 jours... D'autres qui, comme moi, mettront 4, 8 ou 10 ans ! J'ai vu un blog avec une traversée en 10 jours et 10 h. ! (ici) On m'a parlé cette année de tentatives d'établir un record en ... 9 jours ! Certaines ont échoué, je ne sais pas si d'autres  ont réussi !
Kilian Jornet (ici) a bouclé la traversée en 8 jours en passant par la HRP ! Peu importe, chacun son rythme ! Personnellement, étant incapable d'aller très vite, je préfère photographier les petits oiseaux !!!


1-  Aulus les Bains- refuge de Bassiès
(5h 15 annoncées - temps mis : 4h00  arrêts compris ; 1200 m. de dénivelé +)
L'avantage avec Aulus les Bains c'est que c'est accessible en transports en commun et cette année, pas un seul problème d'horaire ! Tout le monde fut ponctuel ce qui me permit de partir d'Aulus à 13 h 00 en direction du refuge de Bassiès via, quand même, 1200 m. de montée. Toujours la même impression de me traîner, pourtant la forêt au-dessus d'Aulus est vite passée, puis c'est le croisement avec la route à l'estive de Coumebière ...
...et les lacets sympas jusqu'au  Port de Saleix (1794m.).




Une fois là-haut, on se croit arrivé... eh ben NON ! Il faut encore prendre
...150 m. avant le col de Bassiès (1995 m.)et les 100 premiers mètres avant le petit lac d'Alate sont harrassants ! Heureusement, la récompense est au rendez-vous avant la descente vers le refuge de Bassiès et ses étangs.



le lac d'Alate

Peu de monde au refuge en ce début juillet et nous nous retrouvons à 6 autour du repas : un couple de Laval qui est monté faire une rando et redescendra demain, un "GR10iste intégral" (Gérard) qui se révèle être un redoutable marcheur puiqu'il nous annonce arriver de Saint Lizier soit 2500 m. de dénivelé positif en 13 heures environ. Il recommencera demain avec Bassiès - Goulier par les crètes ( 1400 m. de dénivelé positif pour plus de 1800 en négatif !) en plus de 11 h ! Il espère "boucler" son GR10 en 33 jours sans jour de repos. Chapeau bas monsieur Gérard originaire des environs de Montaigu. Se trouve avec nous un autre couple, Annie et Jean-Michel, autres GR10istes intégraux qui sont, eux, partis depuis le 19 mai, ont fait deux breaks de 2 semaines environ et comptent arriver dans 19 jours à Banyuls après 66 jours de marche. Comme quoi, c'est vraiment chacun son rythme d'autant que personne ne tente de convaincre l'autre du bien fondé de sa décision !
 
les étangs de Bassiès avec le refuge
Nous (sans le couple de Laval qui redescend sur Vicdessos) devrions nous retrouver demain soir à Goulier puisque Gérard part vers les crètes tandis que j'ai choisi (comme Jean-Michel et Annie) l'option "étape raccourcie" et passerons par Olbier ! Le temps gagné n'est pas négligeable.

Pour les accros au téléphone ou ceux qui, comme moi, auraient bien aimé prévenir qu'ils avaient survécu, petite déception, le téléphone (Orange) ne passe pas au refuge ! La 1/2 pension est d'environ 35 € en juillet 2011 (+2€ le jeton de douche).
vue de la "chambre"






2-
Refuge de Bassiès - Goulier  
(4h 40 annoncées -temps mis :5h 00  arrêts compris ; 1450 m. de dénivelé +, 1200 m. de - )
Le matin, avant de partir

Il fait beau, le compagnon de chambrée a été très discret lors de son départ vers 6h 30 et je paresse un peu avant d'aller déjeuner. L'étape est courte, il n'y a pas de raison de s'emballer ! Le soleil prend lui aussi son temps avant de sortir de la crète des montagnes de Bassiès (Roche Noire etc.) mais lorsqu'il se pointe, il dore tout sur son passage. Je lance un pas dans la descente vers 8h. et zou, c'est parti pour environ 4.30. Je passe, dès la sortie du refuge, devant Jean-Michel et Annie et entame la traversée du plateau, admiratif : les étangs étincellent, les oiseaux s'égosillent, les "linottes mélodient", les chaussures rebondissent mollement sur la tourbe parfois détrempée... Je croise un petit campement sauvage où un âne semble discuter avec une tente... Il y a longtemps que je n'ai pas eu beau comme ça !
couple de linottes mélodieuses
Un peu plus tard, alors que j'amorce la descente vers le ruisseau de Vicdessos, je croise un jeune couple. Rien d'extravagant... sauf que le gars monte... pieds nus ! Et qu'il a un grand sourire ! Son amie aussi mais elle a aussi des chaussures ! Au bout de peu de temps, je suis à la passerelle qui enjambe le ruisseau et décide de m'arrêter un  peu, l'endroit est trop attirant, les pieds se feront un régal de se tremper ! Le ruisseau déboule assez vite et blanchit les rochers. Un cincle plongeur se cachait dans un méandre et je le débusque en m'aventurant dans les "rapides". Il est sympa, m'attend, me permet de le photographier et de remplacer enfin l'horrible photo que j'avais de l'espèce sur mon site ornitho (voir ici). La partie du parcours qui suit n'est pas très amusante mais je ne vais pas protester auprès de la FFRP puisque je ne suis plus sur le GR10. J'ai, comme je vous l'ai déjà dit, décidé de faire court et confortable d'autant que je connais déjà cette partie, vers l'étang d'Izourt, pour y avoir traîné il y a quelques années lors d'une rando de deux jours assez superbe qui m'avait entraîné vers les étangs d'Izour, du Fourcat,  de la Goueille puis passage par la station andoranne d'Arcalis et retour par le lac de Soulcem et Monicou, Artiès. (Voir le descriptif et les photos ici). La partie donc empruntée aujourd'hui -la route ! :-( - n'est pas très drôle d'autant que je n'ose pas prendre le sentier rive gauche ne sachant s'il me permettra de passer rive droite à temps pour monter à Olbier. J'aurais dû le tenter me diront J.M et Annie le soir. C'est ce qu'ils ont fait et ça passait. Dommage !

Auzat et Olbier vu du sentier qui monte après Goulier vers Lercoul et Siguer (Goulier est dans la vallée, caché, à gauche)


Ceci dit, le départ du sentier qui monte à Olbier puis Goulier n'est pas indiqué de la route. Il prend juste avant (en face) le dernier pont qui enjambe le ruisseau de Vicdessos avant Auzat et fait passer la route rive gauche. Une fois à Olbier, prendre à droite vers une toute petite place avec une fontaine et suivre la "route" vers une autre grande fontaine (Nautaqui ou quelque chose comme ça). Si vous ratez l'embranchement et arrivez au cimetière, il faut prendre la route à droite et, juste après la dernière maison (des gens charmants qui m'ont conseillé ce raccourci !) monter à travers champs, tout droit jusqu'à la fontaine sus nommée. On trouve alors des marques qui conduisent doucement à Goulier. 




Vue de la fenêtre du gîte de Goulier

Le refuge, en arrivant par là
, est de l'autre côté du village, indiqué après l'église, sur la route de stade de neige. En arrivant au refuge, malgré les annonces de pluie et d'orage des propriétaires, je fais ma petite lessive avant de me plonger dans un roman que je vous recommande : "Le mec de la tombe d'à côté" de Katarina Mazetti. Plus tard, arrivent Annie et J.M. puis, vers 17 h., Gérard toujours vaillant. Nous nous retrouvons encore une fois pour souper autour d'un repas très fin servi par Candy, la jeune femme qui tient le gîte avec son compagnon. Elle me dira le lendemain que son père tient des campings dans un coin que je connais bien et qu'ils ont tenu encore récemment un restau dans un camping de Portiragnes à quelques kilomètres de chez moi ! Au cours du repas quelques insanités sont proférées : j'entends que le sac de Jean-Michel fait entre 25 et 27 kg et qu'un certain gaillard, se préparant pour un exploit dans l'Arctique, s'est entraîné en portant un sac de... 70 kg !   C'en est trop pour moi, je décide d'aller dormir !    
Refuge de Goulier : environ 34 € la 1/2 pension. Le portable passe tout juste.

3- Goulier - Siguer
(environ 400 m. de dénivelé +, 800 m de dénivelé - ; 4h40 de marche annoncées - 4 h.30 effectives arrêts -nombreux -compris)
en bas de la vallée: Siguer, en face Gestiès, en bas à gauche : Lercoul
                                                                 
C'est la plus douce, la plus tranquille de toutes les étapes du GR10 ! C'est en tout cas ce que je me dis aujourd'hui. Je suis d'abord accueilli dans la petite montée après Goulier par une biche qui s'immobilise à 30 m. et me dévisage quelques secondes alors que je débouche d'un virage et s'enfuit complètement stressée. Puis c'est le retour au silence particulier des oiseaux qui se réveillent. Très peu de dénivelé aujourd'hui, beaucoup de plat. Le sentier passe au-dessus d'une piste sur laquelle j'entends des voix qui s'approchent. Un couple passe en courant et ne me voit pas. Un peu avant, j'avais croisé sur le sentier un autre coureur accompagné de son chien.  Le ciel n'est pas dégagé du tout mais il ne pleut pas, c'est déjà ça ! Avant d'aborder la descente sur Siguer, je me restaure tranquillement au pied d'un relais télé quelque chose et j'en profite pour donner des nouvelles. L'arrivée sur Siguer est tranquille, le village n'est pas assez grand pour ne pas trouver "Le petit Gite" de Fabrice et Nina sa fille. L'accueil est très "simpla", le repas familial (au sens où au bout de cinq minutes on a l'impression de faire partie de la famille surtout que c'est l'anniversaire de la femme de Fabrice et que le Champagne est offert à tous pour l'occasion ! )



Avant le repas je vais faire un tour, rapide, forcément rapide dans la  bourgade.

Le camping y est interdit mais ça n'a pas l'air de plaire à tout le monde :

J'y vois de belles portes, une jolie maison "des comtes de Foix" ainsi qu'une plaque à la gloire de Claude Piquemal, athlète de Siguer, médaillé olympique en 64 et 68 etc.

La nuit fut un peu "gronflante" "grâce" aux deux nouveaux (Alain et Michel) deux frères d
e Pau qui feront les mêmes étapes que moi jusqu'à Mérens. Du coup, les boules Quiès vont reprendre du service !
"Le Petit Gîte de Siguer" : On donne ce que l'on veut. (si si !) Le portable passe.





4-
Siguer - cabane des Clarans
( 1500 m. de dénivelé >0, 1200 m de dénivelé <0 ; 8.35 annoncées, 8 h.10 effectives arrêts compris d'environ 40' au total)


Petit déjeuner matinal avec Nina, Annie et J.M. au refuge 'Le petit Gîte".

Je quitte le "Petit gîte" (mais grand moment convivial !) vers 6.30, environ 20' après les deux palois. J.M. et Annie ne vont pas tarder mais s'arrêteront eux à la cabane du col de Sasc (4.15 de marche environ).

Le journée promet d'être longue avec cette "balade" de plus de huit heures qui commence par un petit dénivelé de presque ... 1200 m. ! Pourtant, en prenant une bonne cadence, lente, bien rythmée par les deux bâtons, il semblerait que j'avance finalement assez vite bien que j'aie, encore une fois l'impression de jouer à l'escargot !  Du coup, je rejoins les deux frères (qui si ça se trouve ne le sont pas malgré leurs noms identiques ! mais c'est comme ça que je les imagine alors ce sera "les deux frères" !) à la sortie de
la forêt après Gestiès, vers le col de Gamel.


En face : Lercoul et Siguer dans l'ombre et dans le fond de la vallée


Il fait beau, la crète est herbeuse et doucement vallonnée. Je profite de ce que le téléphone passe encore pour donner quelques nouvelles. (Il ne passera plus jusqu'à Beilles). C'est très agréable de marcher comme ça, quasiment sans effort, en dominant les vallées alentours.







Le Saint Barthélémy et le Soularc sont tout proches, de l'autre côté,

(les deux pointes les plus hautes)

Je roule comme ça jusqu'à la cabane de Courtal-Marti. Le troupeau de vaches, chevaux est assez conséquant et les deux frères me diront avoir été assez impressionnés par un des taureaux qui grattait la terre en fulminant contre ces étrangers qui s'approchaient !









La cabane de Courtal-Marti
A partir de là, ça commence à descendre, d'abord doucement puis la pente s'accentue très nettement. On voit qu'on est en début de saison car le chemin est parfois encore encombré de fougères et autres orties. Il commence à faire chaud et le ruisseau de Sirbal est le bienvenu. Malgré la relative aisance, je crois qu'il y a un peu de fatigue dans l'air. Du coup, je quitte les chaussures et prend le frais dans le ruisseau. Je sais aussi qu'il va falloir reprendre presque 400 m. ! Ce que je ne sais pas, c'est que ces 400 m. sont particulièrement raides dans une forêt de hêtres que pour une fois je n'apprécierai pas à sa juste valeur malgré l'isard de service que je croise à mi-parcours !  Je suis un peu cassé lorsque j'arrive au col de Sirmont et décide de m'arrêter pour (enfin) me ravitailler à l'ombre. Ne voulant pas m'arrêter avant la fin de la montée, j'ai trop attendu avant de manger si bien que je n'ai pas très faim et je dois me forcer à avaler mon saucisson-pain-Vache qui Rit qui fait mon repas de midi quotidien depuis le départ ! Les figues sèches passent mieux... alors j'entame la petite réserve que je m'étais faite au cas où !

bruant jaune

Je vérifie aussi sur le topo que c'en est bien fini de la montée et je repars pour une longue, très longue et violente descente (ah la fatigue qui fait tout trouver long !) de 700 m.. Tout en bas, le ruisseau d'Aston déboule assez fort après avoir reçu l'appui de quelques belles cascades. La tentation est trop forte ! Les pieds sont ravis de replonger dans l'eau et la tête pas mécontente d'être aspergée copieusement ! Je m'allonge les jambes quelques minutes avant de finir le trajet par une petite montée de 5' vers la cabane de Clarans où, au ruisseau, je fais le plein d'eau que je "micropure".

La cabane EDF, la salle à manger...
Dans la cabane, des indications identiques (ouf !) à celles que Fabrice (du Petit Gîte" de Siguer) m'avait montrées me permettent de rejoindre la "cabane EDF" à quelque minutes. Et là... LA... des boissons fraîches attendent dans le ruisseau, des victuailles, des couvertures, du gaz, des bougies... tout est comme annoncé, mis à disposition des randonneurs, à des tarifs ridicules que l'on paiera soit à Rulhe soit à Siguer, directement à Fabrice ou Nina, en fonction du sens de la randonnée ! C'est grâce à eux que j'ai pu ne pas prendre avec moi de duvet, de gaz, de réchaud et donc marcher avec un sac réellement confortable parce que léger (13 kg).

...La cabane EDF, le dortoir

C'est vraiment le genre d'initiatives qui empêche de croire définitivement que le genre humain n'est pas fiable ! Peut-être faudrait-il ne pas trop ébruiter ces informations ?!!! Mais quand même ! C'est trop sympa pour ne pas en faire part ! Au risque de voir quelques crapules venir, au mieux se servir gratuitement, au pire abimer ou détruire...

Le ruisseau d'à côté propose aussi un service de douche et c'est presque frais et dispo que je m'allonge confortablement pour quelques minutes de sieste dans le dortoir. Puis c'est l'activité quotidienne d'écriture de la journée, assez vite interrompue par des voix à l'accent bien reconnaissable : les deux frères arrivent à peu près 45' après moi, ruisselants. C'est vrai que dehors, il fait encore très chaud. Tout le monde en a plein les pattes mais le campement s'organise dans un silence relatif entrecoupé de jurons contre les taons et autres moustiques. Les plus grosses bêtes sont pour plus tard !!! En effet, durant le repas, Alain laisse échapper un "Oh putain !" en levant les yeux vers le plafond. Un loir gris se promène sur la poutre qui surplombe nos têtes et nos assiettes. Cela énerve l'ancien policier qu'est Michel qui se sent soudainement investi d'une mission de chasseur. Alors il le chasse. Le loir s'en va... provisoirement ! Pour son malheur il revient quelques minutes plus tard et le chasseur n'est pas content. Il se saisit de deux bâtons et veut obliger l'intrus à quitter les lieux tout en lui barrant le passage. Je ne comprends pas très bien la stratégie d'autant que les coups de bâton se font plus incisifs. La bestiole n'a plus d'échappatoire. Elle en prend un sur le corps. Elle tombe et se raccroche d'une patte arrière à un clou. Très curieusement elle pend la tête en bas faisant semblant d'être morte. L'ex policier s'acharne. Rien ne peut l'en empêcher. La bête tombe, s'enfuit quelques secondes, est rattrapée et achevée ! Je n'ai rien dit ! Le frangin non plus ! C'est nul ! J'ai beau me dire que rien n'aurait pu l'arrêter, je m'en veux ! Lorsque le bonhomme prend la bestiole dans la pelle pour la jeter, son frère dit :"Le pauvre !" L'autre répond :"Il nous aurait fait chier la vie toute la nuit !".

Le lac de Laparan, en montant vers le plateau de Beilles

Le repas se termine, tout le monde se couche, je lis quelques pages, enfourne les boules Q. Il est 19.30, extinction des feux ! Michel se lève dans la nuit à deux ou trois reprises, la porte de la cabane (métallique) claque bien fort. Je me réveille un moment avec la curieuse impression qu'un avion survole la cabane... c'est le ronflement des deux frères ! Vers 4.30, une sonnerie retentit. Nous avions pourtant dit 5.30 ! Puis dix minutes plus tard une deuxième. Michel se lève sans se soucier de l'heure. Alain s'excuse (il était préposé au réveil). Son portable-réveil s'est déchargé et la batterie crie au secours. Malgré le "coucher -tôt", j'aurais bien dormi encore un peu !





5-Cabane des Clarans - refuge de Rulhe
(environ 1350 m. de dénivelé >0, 150 m. de dénivelé <0 ; 8 h05 annoncées par le guide, 7 h.45 eff
ectives arrêts compris)

Je suis donc bien réveillé, prépare mon petit déjeuner. J'expérimente pour l'occasion un muesli au chocolat qui se révèlera être absolument infâme mais je le finirai par peur de l'hypo-g et que ne voyons nous pas ? Un, puis deux loirs qui montrent leur belle queue d'écureuil... Réveil précoce et anthropomorphisme déplacé, je ne peux m'empêcher de leur trouver un air triste... Le pire est que le chasseur d'hier se fait midinette : "Oh qu'il est mignon ! Alors petit ! Attends je vais te photographier !" Incompréhensible ! Je laisse partir mes ronfleurs et leur emboîte le pas 15' plus tard environ, vers 6.15. Le chemin monte assez raide dans les hêtres puis dans les genêts. Je me trompe, sans gravité puisque j'arrive à rejoindre le sentier au bout de dix minutes, sentier sur lequel pausent les deux frères. La pente est nettement moins raide et je pousse jusqu'à la station de Beille en plein préparatifs d'accueil du Tour de France.  Bizarre de voir la station comme ça, sans neige, avec cette énorme tente. Je demande de l'eau pour la gourde au bar et commande un Perrier, pour la soif bien sûr mais aussi pour voir la différence de prix avec ce que demande Fabrice à Clarans. Je ne suis pas déçu : 2.5 fois plus cher ! Peu importe, je n'ai plus soif lorsque je quitte le bar mais j'ai une info que je m'empresse de transmettre aux deux frères que je croise : "le département est en vigilance orange pour des orages + grêle entre 15 h aujourd'hui et 10 h demain matin !" Et moi qui dois prendre le train à Mérens demain à 14 h. !!!  Histoire de ne pas perdre de temps et d'arriver avant les orages, je presse un peu le pas sur les pistes de ski de fond nues. (Le téléphone passe aux alentours de la station mais s'arrête assez rapidement).

et toujours le Saint Barth et le Soularac en toile de fond tandis que la mer de nuages se colle à la vallée.

Des voitures me croisent, me doublent, surprenantes rencontres sur un GR, ce sont des agriculteurs qui vont visiter leurs troupeaux.
Le soir, je discuterai avec Michel qui m'avouera avoir eu envie de ne pas traîner car il craint les orages mais son frère, diabétique, a besoin de pauses régulières. Il me racontera comment son voisin de palier et un ami, gendarme de montagne, se sont fait foudroyer il y a quelques années. Plus proche de nous, un anglais était mort de la même façon sur le Canigou quinze jours avant mon départ. Moi aussi, je crains les orages et c'est la raison pour laquelle je ne m'arrêterai que très peu aujourd'hui. Ce n'est pas pour ça que je vais très vite.

L'étang d'Embizon
La rando est belle mais souvent pentue dès que cessent les pistes, après le col de Finestre. Elle est aussi de plus en plus ventée et ça ralentit quand même pas mal ! Les crètes après le col de la Didorte sont assez raides et malheureusement la vue est un peu bouchée mais on aurait pu ne rien voir du tout ! Pour l'instant, je m'estime heureux, je n'ai pas eu une seule goutte de pluie sur ce tronçon et cela fait bien longtemps que ça ne m'est pas arrivé ! Le balisage, sur cette partie est généralement bon mais les piquets sont souvent recouverts par la végétation si bien que je manque m'engager sur un mauvais sentier après le col ! Heureusement, des marques jaunes et rouges m'indiquent que je ne suis pas sur le bon itinéraire. Je fais demi-tour et regagne en hauteur un piquet plus haut que les autres qui m'invite à gagner...

 ...la crète des Isards (où je suis) avec l'étang de Rulhe au fond.

le refuge avec les étangs de Fontargente



J'ai perdu assez peu de temps, marché assez vite, mais le vent souffle toujours et si le mauvais temps n'est pas encore là, on sent bien qu'il approche, aussi ce n'est pas sans un grand plaisir que je vois enfin le refuge de Rulhe apparaître.

J'en ai plein les yeux et les bottes, je peux, sans problème, aller m'installer, après une douche, dans un des dortoirs où je resterai seul, merci au gardien de m'avoir protégé des ronfleurs ! Lessive, sieste, lecture, écriture. L'emploi du temps est chargé (!) après l'arrivée et l'après-midi s'écoule bien rapidement. Je tente aussi de mettre un nom sur les étangs qui entourent le refuge.  La pluie menaçant, je décide d'aller chercher mon linge et croise Alain sur le fil qui va y accrocher le sien.


Le mat tibétain et l'Estagnol à sa gauche

Il me raconte, grâce au mat tibétain qui orne le paysage devant le refuge, son voyage au Népal, avec force détails. Il poursuit avec les lapins de la maison maternelle, les chasseurs, les sangliers, les chevreuils qui sont tous en surnombre... Son frère, l'ex policier, est chasseur (on l'avait remarqué !) mais lui a arrêté à la mort de son père il y a 18 ans ! Ce monsieur a envie de parler et s'avère être quelqu'un de sympa.

  l'Estagnol face au refuge


Ils ont aussi l'intention de descendre à Mérens
faire une navette de voitures sauf si les conditions ne le permettent pas. Le gardien est très circonspect. On lui a annoncé de violents orages, il émet un doute sur notre départ du lendemain. Nous partons tous nous coucher en faisant comme si nous allions descendre à Mérens au petit matin... Durant la nuit, je suis réveillé par la grêle qui semble faire un boeuf sur le toit ;-), les coups de canon du tonnerre et des éclairs qui sortent de partout ! C'est mauvais signe pour les projets de descente !

refuge de Rulhe : environ 32 € la 1/2 pension. Le portable (Orange) ne passe pas.


Vue de la fenêtre du dortoir



6-Refuge de Rulhe - Mérens
environ 400 m. de dénivelé >0, 1000 m. de dénivelé <0 ; 5.15 annoncées par le guide, 4.30 effectives arrêts compris

Ce mercredi 13 juillet, 6.00, le ciel est plutôt bienveillant même s'il n'est pas lumineux ! Le gardien est étonné, cherche des infos météo de partout, n'en trouve que de la veille, nous raconte que 15 jours auparavant il a eu un avis de gros grain qui a fait repartir bon nombre de randonneurs, lui a fait téléphoner à des amis qui devaient monter le voir etc.... pour rien...

La météo n'est décidément pas une science exacte d'autant que les techniciens, se faisant engueuler à chaque fois qu'ils se trompent ou que les infos qu'ils donnent se décalent dans le temps, décident souvent "d'ouvrir le parapluie" et on peut les comprendre ! Bref, le temps n'est pas vraiment menaçant alors pas question de philosopher, il est 7 h., je tire ma révérence et cette fois, devance légèrement les deux frères sur le départ. Sur l'herbe les grêlons de cette nuit n'ont pas fondu. Au bout d'une heure je mets le poncho, plus à cause des nuages qui mouillent que de la pluie et je continue.




La vue, sans être très dégagée est plutôt sympa et après une première montée, j'arrive vers un petit étang sans nom, superbe dans la lumière matinale.

Un peu plus loin, c'est la montée au-dessus de l'étang Bleu vers la crète de Lhasse (2439 m.). Il ne pleut pas vraiment mais, comme en redescendant du lac d'Espingo, j'ai rapidement les chaussures puis les chaussettes complètement trempées qui font floc floc à chaque pas. J'attends la descente vers la jasse du Mourguillou où paissent et paressent des Mérens élégants pour m'arrêter changer tout cela et vider les chaussures ! Les nouvelles chaussettes ne resteront pas sèches longtemps mais au moins ce sera toujours ça comme poids en moins ! Et puis y'a pas ! Floc-Floc dans les chaussures, ce n'est pas excellent pour le moral et encore moins pour les pieds !

Le lac Bleu (quand il fait beau !)

     

la jasse du Mourguillou
Mérens n'est plus très loin maintenant, tout danger d'orage semble écarté et en plus la descente est tout à fait tranquille, pas violente du tout ! Je croise un groupe qui monte, les gens sont légèrement vêtus, ce sont les premières personnes depuis ce matin. Vers 11 h.00 je passe le pont sur le ruisseau du Mourguillou. Un petit coup de fil pour rassurer ma douce et lui dire que je pourrai prendre mon train et j'arrive 20' plus tard à Mérens après avoir fait très attention aux dalles très glissantes de cette dernière partie. Il ne me reste plus qu'à gagner la gare et attendre mon train. Si j'avais eu envie de boire un coup ou acheter un sandwich à la gare, c'est rapé ! Il n'y a plus d'employé à la gare de Mérens. Ne reste plus qu'un abri pour voyageur(s?) et des indications d'horaires.  Si vous n'avez pas de billet, il vous est demandé de vous adresser au contrôleur dans le train. J'ai le temps et l'espace de me changer sans gêner personne !

Si tout se passe comme prévu, je reviendrai dans cette gare l'an prochain pour un septième tronçon qui me rapprochera encore un peu de Banyuls. Cette année, tout s'est super bien passé, quasiment sans pluie, même si j'ai encore une fois eu l'impression que certaines côtes étaient plus bavantes. Dans les souvenirs un peu raides, je mettrai la petite montée après le Port de Saleix (entre Aulus et Bassiès) et celle entre Siguer et Clarans après le ruisseau de Sirbal. Elles ont été particulièrement "mortelles" ! Dans les bons et très bons moments, en vrac, je citerai l'arrivée et le départ de Bassiès, l'accueil à Siguer, la cabane de Clarans pour les "attentions" de Fabrice, la balade Goulier-Siguer, si calme et puis tout le passage en crète après Beille. Je ne voudrai pas oublier les belles rencontres avec ceux que j'ai croisés encore cette année ! Encore une fois félicitations à tous ces marcheurs, qu'ils fassent l'intégrale ou non, et quel que soit leur rythme !
A l'an que ben j'espère !

Les étangs de Bassiès

V.M. le 18/07/2011

Pour d'autres photos d'oiseaux :

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texte et photos©vincent3m