La Traversée des Pyrénées (4) 



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 Bagnères de Luchon - Eylie d'en Haut (trajet bleu)
du 6 au 10 juillet 2009 


 Peu de temps cette année 2009 à accorder à MA traversée ! 5 jours dont deux pour le voyage ! Ce n'est pas très rentable mais on fait avec ce qu'on a ! J'ai encore réussi à maintenir ma stratégie "de luxe", ("gîtes et refuges" (réservés) le soir) mais ce sera la dernière année, non que je sois ruiné mais j'arrive près de la zone où les gîtes se font rares et les abris-cabanes deviennent souvent la règle !  4 étapes  donc : (cliquer sur les boutons pour arriver directement à l'étape)

Luchon - Artigues (si on peut appeler ça une étape !)
Artigues - Fos
Fos - Refuge du lac d'Arraing
Refuge du lac d'Arraing - Eylie d'en Haut -Bonnac




Encore une fois, je pensais rejoindre Luchon sans soucis mais le personnel SNCF en avait décidé autrement. Une grève régulière (parait-il) le lundi avait bloqué tous les trains en gare de Toulouse !
Bizarre cette grève inconnue et non relayée par les médias ! Heureusement,  un service de bus assure les destinations mais bien sûr, il ne faut pas compter arriver à l'heure ! A Toulouse, un chauffeur de bus s'inquiète : il est déjà en dépassement d'horaires et doit encore assurer un trajet. Il risque son permis. Son supérieur  lui dit de ne pas s'inquiéter et que son trajet n'est pas compliqué comparé à d'autres !!!  Je ne saisis pas toutes les finesses du discours !

1-
Luchon - Artigues
(environ 3 h de marche annoncées. Temps mis : 2 h ; 580 m de dénivelé)
C'est une étape très courte mais une solution intéressante pour qui reprend la traversée à Luchon ou pour qui arrive d'Espingo et a encore un peu de courage après les 6 h. de descente mais il faut bien raccourcir l'étape Luchon-Fos annoncée pour 11 h.00 de marche. J'ai rencontré trois personnes qui faisaient la traversée intégrale (Bonjour Anne, Philippe et Nicolas !) qui ont chacun choisi trois solutions différentes : Espingo/ Luchon - Luchon /Artigues - Artigues /Fos pour Anne, Espingo/ Luchon - Luchon /cabane du col de Peyrehitte - cabane de P. /Fos pour Philippe - et Espingo/ Luchon - Luchon/cabane des Courreaux - cabane /Melles pour Nicolas, tout le monde s'étant retrouvé à l'étang d'Arraing.
Le gîte de Artigues... dans les nuages.
6 juillet Au lieu donc d'arriver à 14 h00 comme prévu, c'est à 17.15 que je sors de la gare routière de Luchon. Le GR n'est pas indiqué au premier carrefour au sud mais il faut bien partir à gauche, Nord-Est sur la rue qui longe les voies derrière la gare jusqu'au rond-point vers Juzet où l'on retrouve les marques. Sode est rapidement atteint après une bonne montée (1 h.00) puis la pente s'adoucit, la chemin alterne les plats et descentes avant de repartir par un bon raidillon dans une hêtraie et arriver à Artigues... dans les nuages ! Les 3 heures annoncées sont comptées très largement ! D'ailleurs, à Artigues, un panneau indique 1.30 pour la descente. Les deux heures mises à la montée ne sont donc pas un exploit !!!
Le repas chez M. et Mme Laurens est pantagruélique et pour l'essentiel provient de leur jardin et bergerie sans compter que leur accueil est très sympa. Bien sûr, les tarifs ont augmenté depuis l'an dernier et il faut maintenant compter 40€ pour la demi-pension. En voyant le petit-déjeuner le lendemain matin, je ne peux m'empêcher de penser à cette allemande rencontrée l'an passée qui pestait contre les petits-déjeuners français. Elle aurait eu de quoi râler, car si le souper était copieux, le petit-déjeuner est sommaire : pas de fruits, pas de céréales, pas de yaourt !
   
 
2 - Artigues - Fos  (8 h00 annoncées -temps mis : 7.30 arrêts compris ; 960 m. de dénivelé +, 1600 m. de dénivelé - )

 
 7 juillet  Comme tous les matins, le réveil - notamment des jambes - est un peu difficile surtout que ça monte tout de suite pour un premier matin !  Heureusement, cela commence par une piste forestière régulière où je croise d'ailleurs un homme à moto ! Le brouillard lui ne semble pas s'être couché ! Il est toujours là et semble bien installé pour la journée. Les prévisions de mes hôtes s'avèrent totalement fausses ! Alors une seule solution : marcher, sans même prendre le temps de regarder le paysage qui se limite à un voile blanc posé à 20 ou trente mètres ! Je ne fais qu'une seule halte pour prendre les rhododendrons qui, effectivement, comme les myrtilles, semblent avoir 15 jours ou trois semaines d'avance !

les rhododendrons... heureusement !
Les marques, parfois espacées et surtout le brouillard jouent des tours. Près de la borne 405 je quitte sans doute un peu le sentier et regrimpe en direction de la borne que j'aperçois? Une marque me fait penser qu'il faut poursuivre tout droit et je m'enfonce dans une trace relativement dégagée... mais l'absence de marque se prolonge et la trace s'estompe. Il me faut me rendre à l'évidence : je me suis trompé. Je décide donc de repartir d'où je viens mais le brouillard est encore plus dense et j'ai bien du mal à retrouver la fameuse borne 405 où se trouve la dernière marque "rouge et blanc"  ! Je sors la boussole et comprends qu'il me faut "revenir en arrière" ! Curieuse et pénible impression mais je suis rapidement rassuré par l'apparence du paysage proche que je suis sûr de n'avoir pas encore vu (une crête montante très étroite en direction de la borne 406... que ni moi ni les marcheurs rencontrés plus tard n'ont aperçue !). Je réalise là qu'il est vraiment très facile de se perdre par temps de brouillard car j'aurais été très très embêté si je n'avais pas retrouvé la borne 405 !
Un peu plus loin, vers l'étang de Saint Béat, un curieux balisage rend perplexe. Il semble vouloir faire tourner le marcheur en rond et en bourrique. Anne et Philippe me diront y avoir perdu 30 minutes !  Je cherche quant à moi une solution un peu dans tous les sens et décide de regarder près d'un cairn, une trace qui part en contrebas... c'est la bonne !  Un peu plus loin, dans le brouillard j'aperçois trois isards qui me regardent de haut et s'enfuient hors de ma vue... sans doute pas très loin ! J'arrive alors à la cabane des Courreaux où, Anne L, (rencontrée à Artigues la veille mais partie de façon beaucoup plus matinale que moi !), a retrouvé Philippe C. un des deux compagnons de marche depuis Hendaye.  Ils finissent de manger à l'abri. Je ne reste pas longtemps et j'aborde aussi la descente sur Fos avec prudence car une bonne partie est très glissante. Les bâtons sont de préceux alliés et m'évitent plusieurs fois la chute ce qui n'est pas le cas de tout le monde !                                                       
Le gîte de Fos

Il fait un peu moins humide à Fos, les nuages sont au-dessus ! J'en profite pour aller me ravitailler un peu à l'épicerie récemment ouverte... La rue principale de Fos est toujours aussi triste et fréquentée par les camions ! Beaucoup de maisons sont en vente et on le comprend. Heureusement, dès qu'on s'éloigne un peu de l'axe principal, le village est plus agréable et plus serein. Un peu à l'image du gîte et de son propriétaire qui offre gentiment apéro, vin et digestif à ceux qui le souhaitent !  Les prévisions ne sont pas excellentes même si certains disent qu'il va faire plus beau demain ... nous décidons de faire chemin commun avec Philippe C. en raison du passage annoncé comme "dangereux" par temps de brouillard !  Anne L. doit, elle attendre l'ouverture de la Poste (9.30) pour réceptionner du matériel nécessaire à la poursuite de sa traversée et renvoyer du désormais inutile !
 


3-Fos-refuge du lac d'Arraing(environ 1700 m de dénivelé + ; 7 h15 annoncées - 7 h.00 effectives arrêts compris )




8 juillet
Nous partons donc vers 7.30 doucement vers Melles par une piste puis, après Melles, c'est une route qui n'en finit plus jusqu'à Labach de Melles. Heureusement, il fait beau  et les poules sont de sortie ! Cela fait du bien de sortir la crème solaire ! Pourtant,il ne fait pas si chaud sur cette route qui monte très doucement... Mais brusquement ça change ! Une longue et très raide montée dans les hêtres nous fait prendre du dénivelé rapidement !  Le paysage change et nous arrivons finalement assez vite au fameux plateau d'Uls sous un ciel entièrement dégagé !  Pour la première fois cette année, je vois enfin la montagne ! Ce n'est pas trop tôt mais ça vaut toujours autant le coup !
 


Ces douces pentes herbeuses sont superbes, les rhododendrons magnifiques et c'est assez facilement qu'on arrive en bas du Pas du Bouc en enjambant sur des passerelles parfois tourmentées des petits ruisseaux rouillés de zinc (anciennes mines toutes proches). Bien sûr, il faut attaquer le col mais du Pas du Bouc au col D'auéran, c'est tout plat, tout herbeux et le paysage est superbe !


Le Plateau d'Uls vu du Pas du Bouc



De légèrement couvert, le ciel s'obscurcit et l'on distingue avec peine... ...l'étang d'Uls


le sentier qui arrive du Pas du Bouc près du...


   
... col d'Auéran  

La descente sur le refuge de l'étang d'Arraing se fait rapidement mais malheureusement, complètement dans le brouillard encore une fois et c'est presque en se cognant sur le refuge que j'y arrive,  avec environ 20' d'avance sur Philippe qui a préféré se reposer un peu sur les pentes herbeuses...
 Je commençais à me refroidir après le repas de midi et j'ai donc repris la route un peu plus rapidement !

Heureusement, le brouillard se lève un peu de temps en temps et on arrive à voir à quoi ressemble le paysage ! Entre temps, j'ai rencontré le troisième larron, Nicolas et son amie Lucie, déjà arrivés de Melles depuis une heure ou deux.

l'étang d'Arraing tel que je l'ai vu !







pourtant très accueillant !


Dans l'après-midi, arrive un groupe de randonneurs et certains d'entre eux reconnaissent Philippe et Nicolas (puis Anne qui finira par arriver). Le hasard est amusant : ce sont des gens qui ont fait la première semaine de la traversée (Hendaye - Sainty Etienne de Baygorie) en même temps que les trois que je "connais" ! Atmosphère de retrouvailles sympathique malgré le froid qui a envahi le refuge !

 4- Etang d'Arraing - Elye d'en Haut - Bonnac (300 m de dénivelé positif- 1360 m. de dénivelé négatif  - 3h.30 jusqu'à Eylie, 6 h jusqu'à Bonnac).  9 juillet
La nécessité de trouver un échapatoire vers des transports en commun pas trop loin, m'a obligé à quitter le GR10 à Eylie. Il m'aurait, sinon, fallu faire deux à trois jours de plus vers Aunac ! Il me faudra donc, la prochaine fois, reprendre le GR à Eylie et ce ne sera je pense pas chose facile lorsqu'on connait la fréquentation de la route qui y monte ainsi que l'absence, certains jours, de transports en commun. Compter sur le seul "auto-stop" pour regagner Eylie ne me semble pas très raisonnable. Il faudra trouver autre chose pour la prochaine fois !

l'étang d'Arraing et la vue qu'on peut parait-il avoir par temps clair (photo document CAF)

J'ai été tenté, vu la petite étape prévue, d'accompagner le groupe qui voulait monter au Pic de Crabère (voir doc. CAF ci-dessus) mais le temps ne m'y a pas incité ! J'ai donc choisi la descente immédiate !
Le sentier ne pose pas de difficulté jusqu'à la Serre d'Arraing (2221 m.) Il faut juste veiller, en haut, à bien bifurquer vers l'Est, (à gauche) et ne pas suivre la crète où pourtant existe une trace ! La descente ensuite vers Eylie paraît bien longue dans le brouillard (eh oui, la "semaine" n'a pas été brillante cette année !) et parfois bien glissante (Anne L. que j'ai rattrapée en chemin en a fait l'expérience à deux ou trois reprises !).
Une fois à Eylie, je décide de rejoindre directement St Girons plutôt que passer la nuit au gîte d'Eylie ! Cela me coûtera un peu plus cher en hôtel + restaurant que la demi-pension du gîte mais je crois que j'aurai économisé les 35 ou 40 € de taxi qu'il m'aurait fallu débourser pour aller à St Girons et tenter de prendre soit le bus de 7.53 soit celui de 10 h.00 pour Toulouse. En effet le stop ne  marche peut-être pas trop mal mais le nombre de voitures qui circulent n'est pas très "motivant". Je marche jusqu'à environ 1 km de Bonnac, suis pris en stop jusqu'à Bonnac, remarche encore trois ou quatre kilomètres et c'est finalement un couple de marseillais à la retraite qui me conduit à St Girons qui se prépare à accueillir, le surlendemain, le Tour de France.

En attendant,félicitations aux trois marcheurs rencontrés, Anne, Philippe et Nicolas qui devaient, en deux mois, rallier Hendaye à Banyuls et qui, lorsque je les ai rencontrés, en étaient déjà à la moitié de leur aventure sportive. D'ailleurs, il me semble important de signaler que le GR10 est, d'après moi, certainement le GR le plus difficile de France, et peut-être même d'Europe (avec le GR11 espagnol peut-être). Certains disent que c'est le GR20 corse, pourtant, si les difficultés techniques sont comparables, la seule durée fait la différence : 15 jours maxi pour le GR 20, un mois et demi à deux mois pour le GR 10 et cette différence là est énorme non ?!


V.M. le 13/07/2009
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texte et photos©vincent3m