La Traversée des Pyrénées (3) 



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Luz Saint Sauveur - Bagnères de Luchon
du 16 au 21 juillet 2008 

Après la petite boucle par Baysselance, je repars pour cette fois encore 6 étapes très différentes les unes des autres. Cette année, le tracé parcouru va se voir sur la carte ! Encore une fois, j'ai maintenu ma stratégie "de luxe", c'est à dire "gîtes et refuges" (réservés) le soir : pas de tente, c'est plus confortable dans la journée pour les épaules, ainsi que le soir, surtout quand il n'y a pas de ronfleurs dans le gîte ! Pas de duvet non plus ! Du coup, le sac me paraît bien léger et jamais il ne me pèsera. L'an passé, les chaussures de marche m'avaient tué les gros orteils. Cette année, au dernier moment, je réalise qu'elles me font mal même à l'arrêt. Du coup, juste avant de sauter dans le train, je prends les autres chaussures, plus légères ! On verra bien ! ... Et ça a été très bien !
  6 étapes  donc : (cliquer sur les boutons pour arriver directement à l'étape)
1- Luz Saint Sauveur - Barèges
 2- Barrèges - Lac de L'Oule
 3-Lac de L'Oule - Azet
 4- AzetGerm
 5-  Germ - refuge de l'Espingo
 6- refuge de l'Espingo - Bagnières de Luchon
7- autres choses vues !

Rejoindre Luz semblait un jeu d'enfant mais c'était sans compter un retard de train SNCF qui m'a fait rater toutes les correspondances prévues et réservées ! Heureusement, à Lourdes, miracle (!) un bus SNCF attend justement que j'arrive (?) et c'est à l'heure dite que j'arrive à Luz. après un changement de car à Pierrefitte. Il n'y a pas à dire mais Luz est plus agréable sous le soleil que dans la brume de l'an passé.
1- Luz St Sauveur- Barèges (environ 5 h de marche annoncées. Temps mis :4H10' arrêts compris- 740 m de dénivelé)

16 juillet : Hier soir, au repas du soir, j'ai dîné avec un cyclo-touriste de Champagne qui fait la traversée des Pyrénées à vélo. 5 semaines de selle. Je ne connais pas la région de Chaumont, j'écoute. C'est sympa même si ça paraît un peu plat pour moi... Le gîte d'étape "Les Cascades" est agréable et heureusement qu'il fait beau car certaines chambres, dont la mienne cette année, n'ont qu'un accès extérieur aux sanitaires. Dans le même genre de compliments, il faut souligner la sobriété exemplaire des petits déjeuners qui, avec leur seul "pain-beurre-confiture" + boisson chaude (à volonté il faut le reconnaître) ne calent pas vraiment l'estomac d'un randonneur même pas affamé. Un jus de fruit et quelques céréales ne seraient pas de trop mais bon, l'accueil est chaleureux !  On peut toujours se consoler en se disant que la rando ne sera pas très longue jusqu'à Barrèges !  Il faut pourtant commencer par une grosse heure de montée dans des herbes souvent humides.



                                                                       
La vue sur Luz est sympa.
 Le trajet continue à plat, puis après une petite descente, entame  le contournement du ruisseau de Bolou, (bifurcation avec le refuge de la Glère... beurk !) quasiment de niveau jusqu'à l'amorce de la descente sur Barrèges.

Le Gué du Bolou et le sentier qui l'entoure- 1460 m.

Le sentier traverse un dernier bois de hêtres au travers desquels la lumière filtre et te laisse doucement filer dans la rêverie... "PARDON !" Un grand cri me fait sursauter et me retourner. Un solide gaillard me double en rigolant et en courant !  Barèges s'annonce après seulement 4h.10 de rando. J'ai pourtant l'impression d'avoir pris mon temps... et des photos !



 

 L'arrivée à l'Hospitalet (la maison familiale -gîte d'étape) est chaleureuse et le dortoir s'offre à moi seul. Bientôt, alors que je somnole selon ma bonne habitude après la douche, la jeune allemande doublée ce matin et qui partageait la chambre hier soir, me réveille en entrant dans le dortoir avec la responsable. Je décide donc d'aller faire un tour dans Barèges. Une braderie aux prix assez peu avenants n'a pas vraiment attiré la foule des grands jours. Le repas du soir est tout à fait correct et le quart de vin est même offert !
 







  2 - Barrèges
- refuge du lac de l'Oule   (8 h40 annoncées - 1300 m. de dénivelé >0, 680 en <0)

  17 juillet Effectivement, en me réveillant le lendemain, malgré l'obscurité, je note que le plafond est plus que bas et que Barèges est dans les petits nuages ! La nuit a été plutôt bonne seulement déchirée par un cri de la jeune allemande  rêvant  ! Danke schön ! Elle est d'ailleurs bientôt debout et nous déjeunons avec un matinal curé en villégiature ! (A propos du déjeuner, il faut souligner la qualité de celui-ci avec céréales etjus de fruit !)
Je mets le nez dehors, on n'y voit rien. Malgré l'absence de "vraie pluie", j'enfile le poncho.  La randonneuse allemande est rejointe à une bifurcation où nous cherchons tous les deux les marques rouges et blanches qui ne se bousculent pas ! Elle, qui me dit être, elle aussi, repartie de Luz cette année après avoir fait Hendaye-Luz l'an passé, trouve que le balisage n'est pas très bon dans cette partie su GR. La suite lui donnera parfois entièrement raison.     

Pour l'instant, la balade doit être jolie mais on n'y voit pas grand'chose dans cette brume qui ne se lève pas. Je décide pourtant d'enlever le poncho car je suis aussi mouillé dedans que si je n'avais rien ! Heureusement, plus je m'approche du col de Madamète (2509 m.) plus le bleu du ciel s'affirme. La vue est superbe !

Je double, comme hier, un couple d'anglais qui avancent doucement mais sûrement. Leur sourire fait plaisir à voir.  " ...'Morning !". Il reste encore pas mal de neige pour la saison et cela ira en se confirmant. Le beau temps est arrivé tard et la neige a été assez abondante en juin parait-il ! Les 1269 m. de montée au col de Madamète ne se passent pas mal. Bêtement, je me dis que le plus dur est fait et je m'installe tel un lézard au bord du lac d'Aumar pour déguster mon sandwich sous le soleil qui chauffe provisoirement !



Un beau souvenir que ce Néouvielle plein de névés derrière ses rhododendrons...
Le Lac d'Aumar

Tout ragaillardi et pensant n'avoir que de la descente -approximation évidente :-( dans la lecture de la carte ! - je redémarre : de l'autre côté, le Néouvielle est encore bien recouvert.
Rapidement la brume commence à remonter et ça ne manque pas de charme ! Le chemin est plat. Tout va bien, ça roule, même certains cailloux qui profitent parfois de mon inattention pour se glisser subrepticement sous ma chaussure au moment précis où je pose le pied par terre !                                                                                                             

Il n'y a pas à dire, un peu d'herbe, un lac de montagne et c'est parti pour la rêverie !!! Mais il faut bien se rendre à l'évidence... ça remonte ! Et ça remonte même pas mal... ! Je prends mon guide (les marques ne sont pas très "voyantes" !)... et m'aperçois que j'ai carrément oublié le col d'Estoudou que je ne trouve pas du tout tout doux ! Il n'en finit pas de passer de l'autre côté de la vallée et pourtant il n'y a que 70 m. à prendre. Dès qu'on arrive à un virage que l'on prend pour le dernier,  paf ! Un autre prend la suite ! Ah ça valait la peine d'être content de moi pour le col de Madamète !!!
Et ce n'est pas terminé ! A peine passé le col, c'est parti pour une dégringolade de 350 m. sur le lac de l'Oule qui, en y arrivant, donne plus une impression de mer que de lac !
Une autre facette du lac de l'Oule, 15 jours plus tard !!!
 
Je ne suis pas mécontent de voir qu'il n'est pas obligatoire de descendre sous le barrage pour aller au refuge. Il est possible de passer sur le barrage ! Ouf ! J'en ai plein les pattes et il est temps d'arriver ! L'accueil, ici encore est  sympa. 
 Un quatuor de russes, arrivé en même temps que moi, semble plus apprécier le vin français que pressé de prendre la douche ! Je m'y jette donc et prend possession de ma chambre pour une petite sieste réparatrice... de quelques secondes puisque la gérante du refuge choisit ce moment pour passer la débroussailleuse ! Et question bruit, ce n'est qu'un début puisque le guide qui passera la nuit au-dessus de moi entre dans la chambre et me lance sans autre forme de bonjour : "J'espère que vous avez des boules Quiès car je ronfle !" Il ne se vantait pas le bougre ! C'est à cette occasion que j'ai découvert qu'en introduisant les bouchons d'oreilles par le gros bout, ils étaient encore plus efficaces. Cela m'a permis en tous cas d'atténuer suffisamment le bruit de tronçonneuse pour dormir un peu !  Evidemment, le lendemain matin l'individu n'aura aucun mot pour s'enquérir de la qualité de sa prestation !!!

3- refuge de l'Oule - Azet (environ 800 m de dénivelé positif - 1200 m. de négatif-  6 h )

18 juilletReprendre le chemin de la veille et faire tout le tour du Lac de l'Oule ne me convenait pas vraiment. Un raccourci plutôt sympa consiste à rester sur la même rive (Est) que le refuge sur quelques centaines de mètres et de suivre la piste qui monte à droite (vers l'Est) puis de se diriger vers les remontées mécaniques et s'engager entre les deux télésièges. Les brebis et les marmottent cohabitent paisiblement dans le soleil qui pointe déjà chaudement.
C'est très tranquillement que l'on rejoint le GR quasiment au Col de Portet après une heure de marche. Le spectacle est particulièrement impressionnant après celui des pilones des remontées (il n'y a pas à dire, les stations de sport d'hiver l'été sont d'une laideur particulièrement impressionnnante !). Sous le col donc, se prélasse la mer de nuages tandis que la chaleur monte doucement mais sûrement ! "L'allemande" qui a choisi le même itinéraire que moi décide de faire sa halte "vrai petit déjeuner" : "Nous on mange beaucoup le matin en Allemagne. En France les petits déjeuners sont très mauvais !" C'est vrai ! Je l'avoue, quand on attaque une journée de rando, il vaut mieux avoir de quoi compléter sérieusement les petits-déj' que nous servent les refuges et autres gîtes si l'on ne veut pas avoir de coup de barre avant le sandwich de midi ! Moi qui suis plutôt accro au jus de fruit du matin, je les trouve rares !
Mais heureusement, le spectacle est là disais-je et j'en profite en reprenant l'itinéraire.:

 La douce crète herbeuse qui suit est un régal (à éviter par temps de brouillard d'autant que les marques sont carrément  le plus souvent insignifiantes : l'une d'elle est sur une ardoise posée à plat sur le sol ! Pratique quand on veut la voir de loin !  De même, après un petit col, un panneau indique Guchen ! Heureusement ! Car c'est la direction à ne pas suivre ! Il faut partir sur le versant sud direction Est pour amorcer la descente sur Vielle-Aure en longeant une cloture (juillet 2008).

Un peu après le col de Portet, un souffle me fait lever la tête. Un vautour fauve me fait de l'ombre, puis un autre et encore un autre. C'est un vrai festival. Un peu plus loin, trois individus se dandinent dans un champ comme d'énormes poules ridicules tandis qu'un autre relève le niveau (et la tête) figé dans une posture carte "postalesque".






 Tout se déroule impeccablement. Vieille Aure et St Lary s'étalent sous mes pieds et de l'autre côté de la vallée, on distingue le but de la journée, le village d'Azet. Il n'est pas tard, à peine midi si bien que dans le milieu de la descente, je sors le pique-nique me doutant que les villages ne m'offriront pas un tel cadre pour me restaurer !  Dans le ciel, c'est un véritable ballet auquel se livrent vautours et parapentistes (petit jeu : il y a deux parapentes et un vautour ! Qui est qui ?!)




Une fois rassasié, je termine la descente sur Vielle-Aure que j'aborde avec, je ne sais pas pourquoi, un à priori un peu négatif. Sans doute parce qu'il n'y a aucun hébergement de "pauvre", ni gîte, ni refuge. Rien que de la chambre d'hôtes ! Je souhaitais au départ m'y arrêter, puis j'ai dû allonger le chemin jusqu'à Sailhan où, par téléphone avant de partir, j'ai souhaité réserver au gîte mentionné dans le guide. Heureusement, un monsieur très aimable m'a indiqué qu'il avait cessé cette activité et que le seul gîte intéressant pour les randonneurs se trouvait à Azet, 300m. de dénivelé plus haut ! Effectivement, il n'y a pas grand'chose à visiter à Vieille Aure à part l'église où nichent des faucons crécerelles. Deux "petits piaillaient dès qu'apparaît la mère.

Je traverse le bourg, rate une bifurcation qui m'aurait permis de ne pas marcher sur le goudron chaud et arrive enfin au pied de la montée vers Azet. Les 400 m. ne sont pas très longs, seulement un peu chaud. En montant, je croise un berger en grande conversation avec un couple de touristes. Il est question de l'efficacité des troupeaux dans la protection de la nature, contre les incendies etc. Ses 4 ou 5 chiens, sortes de labrits, sont amicaux, le berger aussi.
Il me voit et dans un grand éclat de rire me demande : "Alors ? ça marche ?!"



L'église de Azet

 Après 6h de rando au lieu des 8h00 de marche annoncées - décidément les horaires ne sont plus ce qu'ils étaient d'autant que j'ai l'impression de bien plus prendre mon temps que l'été passé - j'arrive à Azet où il est encore trop tôt pour prendre possesion du lit et des sanitaires. Les propiétaires sont sympas, une fois le ménage terminé, ils m'annoncent que je peux m'installer mais qu'ils s'en vont prendre un peu de repos au moins une heure  ! Ce n'est pas le cas de tout le monde. Avec le soleil qu'il fait, ça travaille dur dans les champs. Le foin doit sécher rapidement et quand il est sec, il faut le ramasser aussi vite !
 Le soleil et l'heure qu'il est sont autant d'invitations à la lessive !  Pendant que ça commence à sècher, je pars visiter l'endroit et tombe sur... la randonneuse allemande qui devait s'arrêter à Vieille-Aure mais qui a préféré continuer car "trop de bruit et trop cher !" Nous sommes trois à la même table le soir : un poitevin à peine arrivé de sa ville  et ... "la" randonneuse allemande qui au détour d'une conversation nous apprend qu'elle a une fille de quinze ans ! Moi qui lui donnais à peine plus de trente ans !

Dans les beaux souvenirs de la journée, je garde la mer de nuages du col de Portet, les pelouses, les vautours et les petits faucons. Côté moins agréable, la traversée de Vielle-Aure.





  4- Azet - Germ (800 m de dénivelé positif fractionné en deux montées-descentes - 5 h compte tenu des nombreuses pauses en raison du trajet peu important).  19 juillet
Le départ -1168 m.- est matinal mais point trop (8 h00 !) car une petite journée m'attend. La première partie est agréable, à flanc de montagne jusqu'au Tuc de Latuhe -1650 m.- malgré quelques passages assez "fangeux". A ce niveau, tout près du col d'Azet, juste au-dessus de la station de Val Lauron, il faut chercher le sentier. les marques ont disparu. "La" allemande qui s'y trouve les cherche aussi et décide de s'arrêter ... manger ! Je commence la descente jusqu'à Loudenvielle que je ferai très doucement avec moultes pauses ornithologiques, dont cette...
 ...pie grièche écorcheur.

Champ sans doute précieux puisque la porte est... cadenassée ! !


Cette discrétion du balisage, (absolument exemplaire !), ne favorise pas trop la rêverie du promeneur solitaire !   Enfin, en faisant marcher (yesss !) la machine à deviner où le sentier peut se trouver, l'embranchement qu'il faut prendre, j'arrive quand même à Loudenvielle - 970 m.- après avoir flané, levé le nez en essayant vainement de capturer le pic-vert dans ma boîte numérique ! Une épicerie ouverte me permet de refaire le plein en prévision de la journée de demain qui ne sera pas la même !  Et la deuxième montée s'enclenche vers Germ - 1339 m.- particulièrement chaude !  



Mais la récompense est de taille ! Le "centre de montagne" de Germ est superbe, dans sa partie ancienne comme dans la neuve, la déco, zen et bretonnante,  est sympathique comme l'accueil et en plus, je bénéficie d'une chambre individuelle ! C'est assurément une étape à ne pas manquer ! Les amateurs de baignade se régalent dans la piscine tandis que plus loin, sur la place, se prépare la fête du village. Un duo s'accorde, ou tente de le faire - les guitares ne tiennent pas longtemps l'accord sans doute à cause de la chaleur, et je déambule dans les ruelles finalement animées grâce entre autres choses à la messe du samedi soir qui me permet - les églises sont la plupart du temps fermées - de visiter et d'admirer une vierge parait-il typique de l'art pyrénéen tandis que les paroissiens devisent en attendant l'office. 
Une petite bière et un panorama grandiose me font patienter ensuite jusqu'au repas du soir, à l'extérieur s'il vous plait, où nous sommes répartis en différentes tables selon les groupes et familles en présence. A la mienne, celle des célibataires ou familles peu nombreuses, se trouvent quatre nationalités différentes : "la" allemande évidemment, un couple de belges avec leur enfant, une franco britannique qui vit et enseigne au Caire, son ami anglais qui part enseigner au Viet-Nam et moi ! L'anglais me raconte qu'il revient de Corse où en raison d'une chute, il a dû arrêter le GR20  qu'il a trouvé très difficile !  
Les prévisions météo ne sont pas bonnes du tout pour demain... mais le ciel se couvre et durant la nuit un orage somptueux (quand on est dedans !) éclate  laissant espérer des conditions plus clémentes que prévues pour la rando jusqu'à Espingo !













5- Germ - Refuge d'Espingo par le lac d'Oô
1600 m de dénivelé positif
(en deux tronçons)- 1000 m. de négatif , 7 h
20 juillet
L'orage a grondé toute la nuit... non je rigole... mais bien jusqu'à 2 heure du matin, et ça n'a pas été le seul bruit : 22h30 des jeunes entament une partie de billard américain ! 2 h des klaxons répétés égayent cette nuit un peu triste ! Sans compter la fête du village ! Le truc des bouchons a fait son effet et c'est à peine un peu plus tard (6h20 au lieu de 6h00) que je me réveille, n'ayant pas entendu ma montre sonner !  "La" allemande est déjà dans la cuisine et déjeune. Nos chemins se séparent ici puisqu'elle a décidé de s'arrêter au lac d'Oô pendant deux jours.  C'est amusant de constater que ce n'est qu'à ce moment là que nous échangeons nos prénoms et autres : elle s'appelle Blanca, vit dans le Nord de l'Allemagne et compte rallier Andorre en marchant jusque vers le 15 août ! "Au revoir monsieur !" "Auf wieder sehen madame !" Dehors, comme espéré après l'orage et malgré les prévisions, le soleil brille ! 
A peine sorti de Germ, au détour d'un virage, j'aperçois des biches qui s'empressent de se carapater dans le bois proche dont elle resortiront cinq minutes plus tard dans un autre virage de la piste en contre bas ! Le chemin est étroit, bordé d'herbes mouillées mais tout baigne, surtout les chaussettes ! Un gros nuage noir vient assombrir l'ouest et l'optimisme matinal mais reste scotché aux sommets plus lointains. J'apprendrai le soir qu'il a provoqué un bel orage vers le Lac du Portillon, un peu après le refuge d'Espingo. Pour l'instant, je cherche le sentier ! Une variante est indiquée au niveau de la retenue électrique. Des marques de GR partent sur la rive gauche mais je tiens moi à rester sur la droite. C'est un peu au hasard que je progresse pendant quelques minutes avant de retrouver, assez bien cachées et défraîchies des  traces qui me conduisent à la cabane de l'Ourtiga ou un couple a bivouaqué.

Le Val d'Esquierry



La montée vers 
le Couret d'Esquierry - 2131 m.-est raide mais régulière. J'y arrive après 2h30 de marche avec une grosse demi-heure d'avance sur l'horaire prévu ! Tant mieux, si le temps se gâte en fin de journée, c'est toujours ça de gagné ! La descente qui suit, dans le Val d'Esquierry est un véritable bonheur ! Volupteuse même ! Herbe tendre, pente douce, pelouses, marmottes, oiseaux, fleurs ! La vallée est d'ailleurs réputée pour sa richesse floristique. Plus loin c'est un bois de hêtres lumineux à souhait avant d'arriver aux Granges d'Astau... - 1139 m.- que j'évite en obliquant au Sud vers la piste qui borde le ruisseau. je gagne le terminus de la piste et, par un petit raidillon ombragé, retrouve l'autoroute le GR où la foule du dimanche se hâte doucement. Mais ça fait plaisir de voir que des gens parfois âgés, parfois très jeunes, ne sont pas découragés par une petite marche !
Le Lac d'Oô -1504 m.- est bientôt là et un peu après le barrage, au calme, une petite halte nourricière s'impose. La reprise après le pique-nique est un peu rude d'autant que le dénivellé est entré dans sa phase ascendante ultime vers le refuge et le lac d'Espingo - 1967 m.- Finalement, le site d'Espingo me plait davantage que celui d'Oô trop encaissé à mon goût !













Depuis le refuge d'Espingo... avant 16.30 !!!

Ici, les chevaux paissent tranquilles, tandis que j'attends l'ouverture des douches -réservées en priorité aux intinérants comme moi - en me fendant d'une sieste puis, une fois propre, d'une petite lessive... qui mettra la nuit à sécher car le temps change et je suis rapidement obligé de tout rentrer sous la pression des basses (joke !), des nuages qui montent quoi !
Ce soir nous ne sommes que 7 à souper. Les mauvaises prévisions météo pour ce dimanche en ont dissuadé beaucoup ! Dommage pour eux, il a fait beau... jusqu'à 16h30 environ !



Les discussions sont plus rapides à démarrer à sept qu'à 14 surtout s'il n'y a pas de groupes, si bien que rapidement, le tour est fait des projets de chacun. Un couple vient ici régulièrement et fait chaque fois une sorte de balade rituelle. Un homme espère aller vers le Pic des Spigeolles et peut-être dormir au refuge de Portillon. Le père de famille qui a ses deux garçons (10 et 15 ans environ) avec lui, a l'habitude du coin. Il fait le guide pour des groupes. C'est lui qui m'a dit que l'orage avait éclaté ce matin sur le Portillon alors qu'ils y étaient tandis que je l'observais avec appréhension dans la montée vers le Couret d'Esquierry. Le lendemain matin, le couple lance la conversation sur les ours. Ils ont changé leurs destinations depuis la ré-introduction de la "bête". "D'ailleurs au Moyen-Age, le roi des animaux n'était pas le lion mais bien l'ours !" L'homme seul leur dit que statistiquement, ils ont quand même peu de chances de le rencontrer mais reconnait, à juste titre, que toute cette histoire autour des ours des Pyrénées n'est, finalement, que le miroir de conceptions exacerbées de prises de positions politiques antagonistes insolubles dans l'ours !!! Dans la soirée, la gérante m'ammène la facture... La douche "réservée" coûte 4€ -pour 4 minutes d'eau chaude - !!! Le CAF lave-t-il plus blanc que neige ? Cela dit, l'accueil était très sympa... mais c'est bon à savoir que pour être propre, il vaut mieux être riche ! Dans la foulée elle participe aux conversations... les "histoires" de vautours s'attaquant à des agneaux vivants ne seraient pas des légendes... Côté pratique, le site d'Espingo est le seul où j'ai eu des problèmes de réception téléphonique, (sans doute à cause du brouillard) Sinon, partout, les coups de fil quotidiens de/à ma chérie ont été possible...


après 16.30, la vue depuis le, refuge...












6- Le refuge D'Espingo - Bagnières de Luchon 21 juillet environ 600 m. de positif - 1600 m. de négatif- 6 h.
Au matin, les mêmes sont au rendez-vous,... sauf le soleil !!! Le ciel est bouché comme un vieux Bordeaux ! C'est, avec un jour de décalage, un temps que je m'attendais à avoir la veille, un vrai temps de poncho !!! -A ce sujet, je dois dire que le poncho acquis cette année, s'ouvrant devant par fermeture à glissière, est d'un pratique... ! Besoin de personne... (etc...pour les amateurs de Samson !). Bref, j'apprends au petit-déjeuner que l'homme seul a décidé d'aller vers le refuge du Portillon et de voir comment ça évoluera ; le couple va voir et le papa aux ados va sans doute redescendre vers les granges d'Astau car son grand ne semble pas dans une dynamique de grimpette-brouillardesque !!! Quant à moi, je dois redescendre... C'est mon dernier jour... L'absence de soleil n'aide pas à combler la nostalgie de la redescente même si... au bout du chemin...  la joie-bonheur des retrouvailles sera ... belle !
    Une éclaircie miraculeuse pour un arc-en-ciel "blanc" ... c'est magique non ?
Une petite montée vers la Hourquette des haunts-Secs - 2275 m.- (soit 300m. de pris depuis le refuge) me fait doubler un trio dont un catalan "grande-gueule" d'une cinquantaine d'années. Nous nous suivons et nous mouillons les pieds à peu près ensemble. Il ne pleut pas mais les herbes mouillées font un travail ahurissant ! J'ai très rapidement les pieds qui font flotch-flotch ! Heureusement, quelques images rendent un peu de couleurs à une matinée qui s'annonce un peu ... "terne" ! Evidemment, j'abandonne le projet effleuré un moment de grimper au sommet du Céciré (2403 m.). 

Au jugé, dans la clarté "extraordinaire" d'une éclaircie, quelques isards se carapatent !

La vue y est parait-il superbe... par beau temps ! Même le trio dont c'est le but, abandonne l'idée ! Le catalan me regarde enlever mes chaussettes trempées par les herbes et les changer : "Je vais fairrre parrrreil, même si je sais qu'en rrrepartant, aussi sec, elles serrrront dans le même état
!" ... "aussi sec ! "  Yesss !     

                                   ça mouille les herbes ?
Toute la descente au-dessus de la vallée de la Lisse est parait-il sublime... je ne vois pas plus loin que le bout de mon bâton ! Les quelques randonneurs que je croise sont souriant malgré la crasse et manient l'humour systématique ! A croire que le mauvais temps rend sociable et espiègle ! Je croque une barre de céréales, immobile, ne regardant qu'en moi-même car à deux mètres, on n'y voit plus rien. Un couple me croise : "Alors ? On admire la vue ?"
Un bruant jaune se "cache" à cinq mètres... vous le voyez ?

Il ne faut pas non plus imaginer que tout est tranquille.
Sans être forcément dangereux, quelques passages requièrent quand même une certaine attention !

La traversée de Super Bagnières se fait un peu " a vista de nas" (à vue de nez koâ !) à cause du brouillard mais ça passe. Un peu plus bas, je croise deux femmes qui remontent et me demandent si c'est le bon chemin pour le ... Lac d'Oô !!! Il est bientôt 13.30 et cela fait 4 heures que je ne fais (presque !) que descendre ! Elles ont été mal aiguillées et se sont mises à descendre alors qu'il fallait monter ! Elles rebroussent donc chemin ! C'est ballot !!! "Ce n'est pas grave ! On a la tente !" Je ne dirai rien sur le sens de l'orientation des filles... car j'en connais qui l'ont !!!
Juste à ce moment déboule un cycliste, à fond les pédales ! visage tout boueux, il nous frôle et crie : "merci !"... "De rien ! " Et j'imagine sans peine, ce qui se serait passé si nous ne nous étions pas écartés rapidement !!!
La descente sur Luchon -Bagnières de Luchon continue, tranquille, de moins en moins humide. Je ne me presse pas... au contraire, j'ai le temps, j'ai un bus dans 2 h.00. C'est le moment un peu bizarre de la fin d'une rando, ce mélange de joie à l'idée des retrouvailles, de  plaisir aussi de l'avoir faite, réussie... et de petit regret que ce soit terminé... jusqu'à l'an prochain. Il reste bien l'étape Luchon -Fos (12 h sans refuge ni gîte sauf à Artigues ) mais elle se fera d'un façon ou d'un autre...

Théoriquement, l'an prochain, ce devrait être une semaine dans les Pyrénées ariégeoises en espérant que l'étape redoutable de Luchon à Fos ait été faite... alors...
a l'an que ven... Inch'Allah  !


7-  autres choses vues


Sur une scabieuse

Si quelqu'un connait le nom de ce bel animal...
Comment ? ... Papillon ? ... Bon dieu mais c'est bien sûr!!!

Dans le ciel au-dessus de Saint Lary, un parapentiste accompagné ! 
(photo retouchée pour les besoins de la cause !)

Bruant fou en plein repas

besoin d'un commentaire ?

Parfois, même les fleurs ont l'air de pleurer !!!



Quand les marmottes se mettent à bétonner leur terrier...

... d'autres se mettent au bois...!

Toujours chapeautées les femmes voilées ?

Ah les gentianes, même si la printanière a ma préférence...

Et si les croix choient, à quoi croit-on alors ?


 
Au matin, les toiles d'araignées font des bulles...

Mais où va donc se mettre à pousser le blé ?...

Ben sur un mur pourquoi ?!



Une petite carte postale pour la fin ?

ou un auto-portrait "Ras el Hanout" ? (la tête de la boutique !!!)


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Pour d'autres photos d'oiseaux :

V.M. le 09/08/2008


texte et photos©vincent3m