La Traversée des Pyrénées par le  (2)



Lac d'Estaing - Cauterets - Luz-Saint Sauveur par la Hourquette d'Ossoue (2734 m.)
(et retour au Lac d'Estaing par le col de Riou)

retour à "Montagne"        suite : Luz- Luchon     tableau récapitulatif    retour étape 1


du 2 au 7 août 2007
(la partie verte)

J'ai quitté le GR10 à Arrens et je le reprends, deux ans plus tard, quelques kilomètres plus loin, au Lac d'Estaing. J'avais le choix de faire Arrens - refuge d'Ilhéou comme première étape ou lac d'Estaing- Cauterets. Je n'avais pas envie de repartir d'Arrens... le lac d'Estaing me semblait un nom phonétiquement plus engageant !  (J'insiste sur le "phonétiquement", car tout autre rapprochement avec des personnages ayant réellement existé serait de fort mauvais goût !) J'ai choisi, cette année, de faire une boucle en raison, entre autres, des difficultés d'accès de ces lieux en transports en commun. D'autre part, j'ai maintenu ma stratégie "de luxe", c'est à dire "gîtes, refuge et hôtels" le soir : pas de tente, c'est plus confortable dans la journée pour les épaules, ainsi que le soir, surtout quand il n'y a pas de ronfleurs dans le gîte !
 J'ai donc découpé ma petite semaine en 6 étapes :
1- Lac d'Estaing - Cauterets
 2- Cauterets - refuge de Baysselance
 3- Baysselance - gîte de Saugué
 4- refuge de Saugué - Luz St Sauveur : pour ceux qui seraient intéressés par le retour sur Cauterets, le choix de redescendre sur Luz n'est pas judicieux. Il faut bien sûr aller dormir à Grust, ce qui permet de ne pas perdre trop de hauteur. Grust est en plus un superbe petit hameau et l'on m'a dit grand bien d'un de ses gîtes ! 
 5- Luz St Sauveur - Cauterets
 6- Cauterets - Lac D'Estaing par le col de Riou


1- Lac d'Estaing - Cauterets : (environ 6 h - 1180 m de dénivelé >0, 900 de dénivelé >0)

Lorsque j'y arrive, il fait grand beau. C'est carrément le lac d'Estaing nu (oui, bof !). Je me permets un petit tour de lac rapide,  juste pour tester un peu les vêtements, les chaussures et rapidement, ça se couvre. Normal, c'est le milieu de l'après-midi, demain matin, il fera beau...  Pourtant, le lendemain matin, il faut bien me rendre à l'évidence, il ne pleut pas ! Il est 7.30 et c'est carrément bouché. La montée vers le col d'Ilhéou est assez rapide et déserte. A part deux jeunes qui me disent vouloir s'arrêter au lac d'Ilhéou, je ne verrai personne jusqu'aux premiers bâtiments de la station de ski de Cauterets où j'arrive après avoir voulu prendre le raccourci dont parle le topo. Rapidement, je me rends compte qu'il n'y a aucune marque et je profite d'une éclaircie pour me diriger en hauteur vers les poteaux de la station sur la crète du Lis et basculer du côté Cauterets. Je rejoins alors une piste qui n'en finit pas descendre. Des grives draines cliquètent de partout tandis que des traquets motteux et des pipits spioncelles s'agitent dans tous les sens et s'évanouissent très vite dans la brume qui ne laisse que 15 à 20 m. de visibilité. Une salamandre s'immobilise à quelques centimètres de mon pied.  J'ai enfilé le poncho car le brouillard est vraiment mouillé ! C'est la première fois que j'expérimente le poncho et je m'aperçois qu'encore une fois, on ne peut pas tout prévoir : croyez-moi, le poncho en rando solo c'est pas rigolo, c'est pas du gâteau... à enfiler ! Au bout de 5' de contorsions désordonnées, j'ai l'impression d'avoir un peu couvert mon sac ! Il est environ 11 h. lorsque j'atteins donc les premiers bâtiments de la station. Un homme, l'air un peu dépité par le mauvais temps, me demande comment c'est au col. Ma réponse ne lui rend pas le sourire mais il m'indique très gentiment la bonne piste à prendre. Je la dévale sans rien voir d'autre que le bout de mes chaussures et dégringole vers "la ferme basque", terminus des automobiles. Sur la gauche, part un sentier vers "Le Sèque". Vu l'état dans lequel je suis, je décide que ce n'est pas pour moi. Il avait pourtant l'air de partir dans la bonne direction ce sentier, et surtout, il quittait le goudron. Heureusement, je rejoins le GR10 un peu plus loin. Vers 13 h. j'entends les bruits de la ville et les annonces d'un haut-parleur pour le spectacle de cirque du soir... Peu pressé de rejoindre l'agitation citadine, je sors le casse-croute et remballe le poncho. Le gîte du Pas de l'Ours fait hôtel, ils ont une chambre de libre, je troque ma place réservée de gîtard contre le luxe d'une chambre individuelle puis sors faire un tour dans la ville. Etrange architecture qui rappelle Nantes ou Bordeaux et leurs maisons bourgeoises avec ces décors en fer forgé, ses festons tarabiscotés...
 

  2 - Cauterets - refuge de Baysselance  (7 h - 1750 m. de dénivelé)

 "Tout droit !" m'avait dit l'aubergiste en oubliant de préciser qu'il fallait tourner à gauche assez rapidement ! Du coup, je me suis tapé une demie-heure de goudron mais c'est à moitié de ma faute puisque je n'avais pas regardé la carte avant de partir. En plus, je remets ça en arrivant à la Raillère en prenant le mauvais GR, celui qui part vers la cascade du Lutour et le col d'Araillé. Amusant malgré tout comme erreur puisque depuis que je "prépare" mon itinéraire, je me pose la question de savoir s'il vaut mieux passer par le lac de Gaube ou la vallée du Lutour et le col d'Araillé justement. Je n'ai pris ma décision que récemment pour le lac de Gaube !  Je fais donc demi-tour rapidement et attaque le chemin des Cascades qui porte bien son nom. C'est tranquille et superbe jusqu'au Pont d'Espagne où là encore, il me faut demander mon chemin à un barman car rien n'est indiqué en dehors du télésiège qui monte ceux qui le souhaitent au lac de Gaube.  Il faut dire aussi que j'apprécie toujours aussi peu me débarrasser de mon sac pour consulter le topo !  Même quand il n'y a pas le poncho !  La montée s'accentue un peu et je ralentis le rythme car les 1800 m. de dénivelé de la journée ( un de mes plus gros dénivelés !) ne se feront certainement pas à 100 à l'heure !   Pourtant, c'est quand même "un peu beaucoup" cassé que j'arrive au refuge des Oulettes de Gaube où, sans hésiter, je pose le sac près d'un rocher et sors la saquette dans un cadre qui vaut bien une pause.

 Le glacier des Oulettes devant le Vignemale

Les 600 m. qui restent à grimper me semblent une montagne (!) lorsque je redécolle lourdement. Je pause de plus en plus souvent dans la dernière montée... mais finalement, les pieds se placent automatiquement l'un devant l'autre sans se poser de questions. J'ai l'impression d'être un escargot tant au niveau du rythme que de la maison sur le dos qui pèse de plus en plus lourd !  Pourtant, j'arrive à l'Hourquette d'Ossoue 2734 m. (le plus haut col de cette partie du GR) en moins de deux heures et en 20 ' au refuge de Baysselance.  Il n'y a pas encore beaucoup de monde et LE "cagibi-lavabo" qui ferme (pas de douche ni eau chaude ici) est disponible.  Un peu de lecture, un peu d'ornitho (les niverolles alpines me monteraient presque sur les chaussures !) et à 16 h. les places de dortoir sont distribuées.
Le refuge de Baysselance vu de l'Hourquette d'Ossoue

Le soir au repas, je suis assis à côté d'un voisin de chambrée. Nous engageons la conversation et... il parle. C'est un "chasseur alpin sans fusil" (sic) en vacances. J'apprends plein de choses sur ce corps d'élite. Le gars a 35 ans et il fait de la formation. Il me dit avoir aussi l'impression d'être en vacances lorsqu'il travaille puisqu'il est toujours en montagne. Bien sûr, la discipline militaire est présente mais il paraît que c'est surtout difficile pour les débutants. Je n'ose pas lui demander si c'est parce qu'on s'habitue ou si c'est vraiment moins pénible... ou les deux ... ? Il me parle du secours en montagne, des avalanches, m'apprend qu'un sauveteur dispose de 15' après la fin de l'avalanche pour retrouver quelqu'un. Il me dit aussi qu'il faut toujours se débattre lorsqu'on est pris dans une coulée. Avec certaines neiges, c'est parait-il impossible, mais il faut toujours essayer de façon à se créer un espace où respirer une fois "posé". Le délai de survie peut alors atteindre 1 voire 2 heures.  Bref, nous discutons aussi de la vallée de Névache, d'un refuge militaire réservé aux officiers et à leurs familles...  Dehors la lumière du soir attend les photographes.

La Brèche de Roland, le Tallion, le Marboré... font l'horizon de Baysselance.



Les occupants de la chambrée sont silencieux donc c'est sans effort qu'à 6 h. le lendemain je profite de la lumière du matin.

3- refuge de Baysselance - gîte de Saugué (plus de 1300 m de dénivelé négatif - moins de 6 h)
Le premier quart d'heure de descente ne se fait pas dans la solitude puisque tous les Vignemalistes sont sur le sentier qui va les faire remonter vers le glacier. Dès qu'ils ont bifurqué, le GR est plus calme.
Un peu plus tard, je croise quelques groupes qui, vue l'heure, grimpent aussi vers ce Vignemale que j'ai gravi il y a maintenant 13 ans ! Et blablabla, comme le temps etc...
Je suis sans doute plongé dans mes pensées jusqu'au cou puisque j'en oublie de tourner à la fin du lac d'Ossoue vers la Cabane de Lourdes. Lorsque je m'en aperçois, j'ai déjà bien avancé sur la piste et tout compte fait, je me dis qu'il est bien agréable de marcher sans être obligé de regarder où l'on place ses chaussures. Je maintiens donc le cap sur la piste et ne prends même pas la peine de bifurquer rive droite sur un sentier qui indique Gavarnie par le bois de Savin. Je me figure qu'il va m'envoyer en l'air (?) et je le regrette quelques minutes plus tard car je m'aperçois qu'il va me falloir "goudronner" pendant au moins  deux kilomètres...
Je ne dois pas être si mal que ça puisque je refuse même l'aide de deux espagnols qui ralentissent en me doublant et me proposent de monter. La route est peu fréquentée, les Vignemalistes sont tous déjà montés et les touristes ne sont pas encore arrivés si bien que ce n'est pas trop pénible de marcher sur la route, d'autant que les marmottes font leur festival !


Plus loin, la route recoupe le GR et une petite montée vers le plateau de Saugué me permet de faire une superbe rencontre que je n'osais espérer malgré le nom d'un sentier que je coupe à un moment : le sentier du gypaète. Pourtant, il est bien là, accompagné d'un vautour fauve, superbe, un gypaète barbu (à gauche)!

Mon arrivée au gîte d'étape est précoce (12 h45 !) et surprend un peu les propriétaires en plein nettoyage et préparatifs du repas mais cela me laisse le temps de faire la lessive tranquillement en regardant au loin le cirque de Gavarnie. Un peu plus tard, deux jeunes arrivent et pendant qu'ils se douchent et lessivent aussi, deux chiens leur font le garde-manger ! Bilan : un
 fromage, du poulet et du pain !  

Finalement, le gîte est presque plein quand le soir arrive. Une petite balade sur le plateau me fait découvrir des petits murets en pierres sèches séparant les parcelles, un peu comme en Irlande. C'est superbe et assez inattendu.





4- Gîte de Saugué - Luz St Sauveur (200 m de dénivelé positif fractionné en nombreuses montées-descentes et 900 m. de dénivellé négatif, 6 h45).

Pour ceux qui souhaitent repartir sur Cauterets, comme je le mentionne plus haut, il ne faut pas descendre à Luz (sauf si vous en avez envie après tout !) mais bien continuer vers Grust à la bifurcation mentionnée à 960 m., peu après l'horrible croix de Sia faite de deux tuyaux métalliques vert.

La première partie de cette rando est très agréable et la vue (Gavarnie, Troumouse etc.) est souvent superbe. Malheureusement, la suite n'est pas du même acabit. Est-ce la mauvaise nuit passée à cause de deux ou trois ronfleurs, toujours est-il que la chaleur orageuse s'y étant ajoutée, je ne garde pas de cette journée un excellent souvenir. Principalement à cause du goudron assez fréquent mais aussi à cause de la dangerosité d'une partie du circuit qui emprunte l'étroite D 921 sur 2 bons kms sans trottoir et sans visibilité dans les virages. Les petites montées succèdent aux grandes descentes dans un itinéraire assez casse-pattes. De plus, le GR bifurque au moment où l'on se dit que l'on va vraisemblablement passer devant un café mais l'incertitude du trajet qui me sépare de la boisson fraîche m'empêche d'aller voir. Et ça recommence quelques temps après ! Tudieu ! Le fameux café "gâteaux à la broche de Sia" est annoncé et juste, le GR, une fois de plus bifurque ! Cette fois, la soif est plus forte d'autant que je me demande si je ne vais pas manquer d'eau. Ouf ! Le café est bien là, tout proche. Soulagement ! Les deux jeunes frustrés de nourriture par les chiens de la veille arrivent à leur tour et se paient un gâteau qu'ils me font gentiment goûter. Bon !  Pas inoubliable mais bon ! L'originalité de la cuisson lui donne certainement plus de valeur que son goût... à moins qu'il ne faille mettre mon manque d'enthousiasme sur le dos de la mauvaise journée !!! Bref, je reprends le chemin et me coltine la montée à la croix de Sia dont un jeune parisien rencontré la veille au gîte me reparlera le soir. Elle les a aussi beaucoup marqués lui et son amie d'autant que le topo ne mentionne aucune réelle montée pour ce jour...
Encore une fois, l'absence  de préparation de l'itinéraire sur la carte me joue des tours !  Je finis quand même par arriver à Saint-Sauveur, puis, à nouveau par le goudron jusqu'à Luz.

Le Pont Napoléon de Saint Sauveur

Il est 15.30 et j'apprends avec "étonnement" que le gîte n'ouvre qu'à 16 h. !  Décidément... ! Et ce n'est pas tout, quelques gouttes commencent à tomber. Heureusement, l'orage aura la gentillesse d'attendre 16.15 pour véritablement éclater ! Heureusement aussi, les ronfleurs ne seront pas dans le même gîte, ils ont continué vers Cauterets paraît-il ! C'est déjà ça !









5- Luz Saint Sauveur 680 m- Cauterets 913 m. par le Col de Riou 1949 m.1230 m de dénivelé, 6 h

Le tonnerre a grondé toute la nuit... non je rigole... mais bien jusqu'à 1 heure du matin ! Heureusement les voisins de chambrée sont silencieux. j'apprends autour du petit déjeuner que le jeune couple déjà très discret la veille au Saugué est de Nantes, lui de Sautron. Nous devisons des footings des bords de l'Erdre en oubliant que le ciel bas et lourd pèse comme ...  et qu'il faut partir. Je prends la route bien sûr et ne remonte pas à la bifurcation. Il est encore tôt et peu de voitures me doublent (il faut dire aussi que je marche  très très vite !!). Assez rapidement je suis à Grust qui semble être un hameau calme et assez riche. Une superbe fontaine de marbre jette un peu de clinquant sur la place de l'église aux balcons fleuris.
Le chemin qui monte vers la station de Luz Ardiden est splendide, tout doux, moelleux. Je ne vois personne à part une salamandre apparue d'on ne sait où en une seconde alors que je revêtais le poncho en adoptant la stratégie imaginée par le jeune parisien : poser le sac en hauteur, le recouvrir du poncho, se faufiler en-dessous en prenant bien soin de ne pas faire remonter le poncho en le tirant vers l'avant. Et ça marche ! C'est laborieux, ça tue les cuisses mais ça marche !

 Un conseil en or sur le bord du GR !

Le chemin se faufile doucement dans les sous-bois et c'est très régulièrement, quasiment sans effort (frimeur !) que j'arrive à Luz-Ardiden désert. Plus que 200 m. de dénivelé avant le col de Riou qui est vraiment dans le brouillard... tellement dans le brouillard que je ne vois arriver ni le col ni un marcheur qui passe le col avant moi en sortant sans doute d'un raccourci. D'ailleurs, à peine passé le col, il s'engage dans tous les raccourcis qu'il voit. Je le suis un moment puis le perd dans la brume. Dommage qu'on ne puisse rien voir car il semblerait, sur la carte, que les paysages soient sympas ! En tous cas, question marche et sentier c'est super et je me régale avec les multiples toiles d'araignée qui couvrent les arbres en prenant parfois de drôles de formes !  
Au détour d'un virage, je rencontre les voix que j'entends depuis un moment. ce sont les ronfleurs qui eux, ont fait escale à Grust ! Ils piquent-niquent en devisant bruyamment ! Il faut dire que tout ce qui dépasse en décibel le bruit d'un chant d'oiseau est pour moi une nuisance caractérisée !!
Une autre nuisance tiens, concernant les panneaux du sentier : En descendant vers Cauterets, un premier panneau indique le col de Riou (d'où je viens) à 2h45, et 30' plus tard, un autre panneau l'indique à 2 h00 ! C'est bon pour le moral de ceux qui montent. Une deuxième bizarrerie arrive au niveau du restaurant de la Reine Hortense. Alors que je viens de paser une balise rouge et blanche, un panneau indique Cauterets vers l'amont, sens inverse ! Je fais quelques pas en arrière, vérifie que je n'ai pas inventé la balise et me gratte la tête ! j'avise alors un vieil homme plongé dans la contemplation du jardin du restaurant. Je lui demande conseil mais il me répond qu'il est anglais. Après une petite traduction, il me confirme que Cauterets est bien "down" . Je reprends le chemin en cherchant toutefois les balises avec impatience ne sachant pas si ce vieillard est bien au fait des habitudes des randonneurs et de leurs sentiers. Pourtant si, les balises sont là et Cauterets aussi, dans une brume plus claire ! D'ailleurs, après la douche, je constate l'ambiance effectivement jour de vacances pluvieux : les gens traînent dans les rues sans trop savoir quoi acheter. les enfants font du manège et se bousculent sur les trottoirs en regardant passer l'animation musicale. La météo affichée à l'office du tourisme est légèrement maussade pour le lendemain : neige possible à 2500 m. averses etc... amélioration en fin de journée !!  Tout ne va pas si mal d'autant que les ronfleurs, dans le même gîte, ne sont pas dans la même chambre que moi !

6- Cauterets - Lac d'Estaing 6 h.
Il pleut lorsque je quitte Cauterets, de cette pluie de plombier, celle dont il disait (le plombier) qu'on ne la voyait pas mais qui trempait quand même, "de la pluie de merde !" disait-il ! Nous préférons, à la maison, parler maintenant de pluie de plombier d'autant que certains endroits par lui réparés restaient tout le temps mouillés !!! Sous le poncho que j'ai songé à remplacer en passant devant un magasin de sport "On liquide tout", j'ai commencé à grimper un peu comme hier, tranquille, même si la pente est raide et la route encore longue... (hi hi hi JPR !) 
Finalement, le parcours semble superbe, noyé (il est dit que je ne verrai jamais rien de ce tronçon !) comme à l'aller dans la brume brouillard de plombier où je ne vois personne jusqu'aux abords du lac d'Ilhéou. Cette fois, j'ai scrupuleusement suivi les traces du GR.
Cheval à cornes typique de cette région

J'arrive au lac sans le voir (sacré plombier !) et je profite de la carte qu'un jeune couple vient de sortir pour y jeter un oeil. Je ne sais pas pourquoi mais ça me rassure toujours un peu de voir sur la carte où je suis en vrai ! Bizarre non  alors qu'il suffit de suivre les marque rouges et blanches ?!!!
La montée au col est pourtant plus longue que prévue. Là-haut, des craves se font la voix... la dernière fois que j'en ai vus, c'était il y a trois semaines au Maroc, à l'Aguelmame Azigza, Moyen-Atlas, "L"opium et le bâton" de Mouloud Mammeri... impossible de dissocier ces trois éléments !

Et là ? Tu passes par où ?

Une fois passé le col d'Ilhéou, c'est la grande descente vers le lac d'Estaing, parsemée d'une jolie glissade tombante (d'aucuns diraient  "une sacrée gamelle"... )  mais c'est sans encombre et ça repart... assez rapidement parce que, dirait-on, le cheval sent l'écurie alors hop hop ! ...  C'est toujours amusant de reprendre un chemin dans le sens inverse... rien à voir... et c'est le cas de le dire... absolument rien à voir...

J'arrive à l'hôtel vers 14.30... Je ne regrette pas d'être parti d'ici et surtout d'y être revenu : bonne table, chambre confortable... Mais il est vrai qu'en huit jours, le lac d'Estaing, change du tout au tout ! Lorsque j'y arrive, ce n'est plus le lac d'Estaing nu, c'est plutôt le Lac d'Estaing "perméable"...!

Théoriquement, l'an prochain, ce devrait être Luz- Bagnières de Luchon... alors...

a l'an que ven... Inch'Allah  !


Pour d'autres photos d'oiseaux :
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V.M. le 09/08/2007